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Bosch France versera 16 millions d'indemnités à ses ex-salariés
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Bosch France versera 16 millions d'indemnités à ses ex-salariés

L'équipementier allemand Bosch tient la promesse qu'il avait faite à ses salariés il y a trois ans. Les ex-Bosch partis pour l'aventure Sillia VL, en redressement judiciaire depuis le 1er mars et qui s'attendent à une liquidation "probable" du site de Vénissieux en juin, devraient toucher une enveloppe d'indemnités supra légales de 16 millions d'euros.

« Qu'un ex-employeur assume, trois ans après, la responsabilité sociale de l'échec d'une de ses anciennes filiales est à ma connaissance une première en France », s'étonne Marc Soubitez, secrétaire du comité d'entreprise de Bosch Vénissieux. L'homme a accueilli le 31 mai le DRH de l'équipementier allemand Robert Bosch France, Dominique Olivier. Sa venue était programmée de longue date, calée sur l'audience du tribunal de commerce du 24 mai dernier, qui aurait dû prononcer la liquidation de Sillia VL Vénissieux, l'un des deux sites de production, avec celui de Lannion, de panneaux photovoltaïques. Et son groupe tenait à réitérer les engagements pris à l'égard de ses anciens salariés. « Le DRH a calculé que nos 128 emplois représentaient 2.700 années d'ancienneté chez Bosch, transférés chez Sillia. Et qu'il nous devait la même chose qui si nous n'étions pas partis chez Sillia », souligne Christian Marcuola, représentant des salariés de Sillia VL Vénissieux auprès de l'administrateur judiciaire.

Déclenchement d'un plan de départs volontaires

Les sites de Vénissieux et Lannion, en redressement judiciaire depuis le 1er mars, ont été cédé pour un euro symbolique par Robert Bosch France à l'entrepreneur breton Bruno Cassin il y a trois ans. A cette époque, un plan social avait été ouvert chez Bosch, comprenant quatre-vingts départs en pré-retraite et une vingtaine de départs volontaires. Une enveloppe de 16 millions d'euros avait été provisionnée par Bosch France pour les 128 salariés de Bosch transférés chez Sillia VL "au cas où". Le DRH France a levé les doutes le 31 mai, confirmant que la liquidation judiciaire de Silla VL entraînera le déblocage du plan de départs volontaires datant de 2010, doté d'une enveloppe de 16 millions d'euros pour les 128 salariés concernés. Une somme exceptionnelle qui englobe des indemnités liées à l'ancienneté, l'âge, aux projets de création d'entreprise ou d'aides à la formation. "Bosch ferme des usines mais se comporte socialement le plus correctement possible", consent le secrétaire du CE de Bosch, Marc Soubitez.

2 700 années d'ancienneté

Selon Karine Thiebault, avocate du CE de Sillia VL Vénissieux, «la situation de Vénissieux est objectivement désespérée », avait-elle concédée le 24 mai à l'issue de l'audience au tribunal de commerce de Lyon. Un avis partagé par Robert-Louis Meynet, l'administrateur judiciaire dans ce dossier. Les 128 salariés de Vénissieux devraient se retrouver « à la porte » fin juin, après la liquidation - très probable - du site de Vénissieux, qui pourrait être prononcée lors de la prochaine audience du tribunal, fixée le 14 juin prochain. D'ici là, une offre de reprise confirmée par l'Italien Recom Italia est en train d'être étudiée, comme l'a indiqué par email l'administrateur Robert-Louis Meynet aux représentants du personnel. Conséquence, un comité d'entreprise et un comité central d'entreprise extraordinaires se tiendront le 9 juin prochain pour en préciser les contours, mais il semble que cette reprise ne portera que sur le site de Lannion.

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