Le bio, un retour en arrière? Innovabio veut prouver le contraire. Ce concours, organisé par Agrobio35 en partenariat avec Le journal des entreprises, récompense cette année huit créateurs d'entreprise parmi vingt dossiers (lire encadré). Dénominateur commun de ces candidats: intégrer une démarche innovante dans le montage de leur projet de création, en lien avec le bio.
«Filière riche, au moins dans les idées»
Fabrication d'un matériau à base d'algue à Quimper (Algopack), structuration d'une filière maraîchère bio bretonne depuis Pontivy (Bretagne Bio Équité) ou encore restaurant biologique et diététique à Saint-Brieuc (L'Anis étoilé). Le jury s'est penché sur des dossiers extrêmement divers. «C'est très hétéroclite», confirme Xavier Maréchal, président de la laiterie de Kerguillet, à Plouay (56), et président du jury Innovabio 2011. «Nous avons vu des dossiers très originaux, parfois très prometteurs. On voit même des projets qui paraissent de prime abord classiques et qui, au final, ont une véritable particularité, un plus à apporter. Cela montre que la filière bio est riche, au moins dans les idées!» Parmi ces porteurs de projets, quelques agriculteurs conventionnels qui, non seulement se convertissent au bio, mais s'attellent aussi à la transformation et la commercialisation de leurs produits. «Effet retour à la terre», commente Jean-Paul Gabillard, président d'Agrobio 35. Evelyne Loison, créatrice de Breizh Avoan, à Goven, est l'une de ces agricultrices converties au bio. Depuis deux ans, elle réfléchissait à l'arrêt de son exploitation laitière conventionnelle (100 hectares, 50 vaches). Marre du vivant qui apporte trop de contraintes. Le mois dernier, sous l'impulsion de son compagnon, elle a définitivement franchi le pas. Sur 40 hectares, elle produit désormais de l'avoine bio. Un végétal qu'elle ne se contente pas de cultiver. Grâce à l'aide de Bretagne Innovation (devenue BDI), elle transforme son avoine en boisson végétale, desserts fermentés et crème de cuisine (100 litres par semaine). Afin de concevoir sa gamme de produits, elle s'est rapprochée du Centre d'expérimentation et de technologie agroalimentaire (CETAA), au sein du lycée rennais de la Lande du Breil. Ce dernier lui loue local et matériel.
«Une année pour définir un volume de marché»
«Cela fait six mois que c'est au point. J'ai démarré la commercialisation fin juin.» Et ça marche. Chaque semaine, deux à trois nouveaux points de vente dans l'Ouest ajoutent ses produits à leurs rayons. «Mais c'est un démarrage, tempère Evelyne Loison. Il va me falloir une année pour définir un volume de marché et ensuite établir un prévisionnel.» Ce qui lui permettra alors d'aller voir les banques pour atteindre l'objectif suivant: «avoir un local de transformation chez moi.»
CRÉATION D'ENTREPRISE Lancé par Agrobio 35, le concours Innovabio distingue des créateurs qui savent être innovants tout en restant fidèles aux valeurs du bio.