Les chiffres ne sont pas catastrophiques, mais ils ne sont pas bons. Yann Biville, dirigeant depuis 2007 de la PME stéphanoise, plus que centenaire, le reconnaît aisément. « Nous avons perdu deux clients importants, suite à des reconfigurations de leur actionnariat. De plus, nous constatons une concurrence de plus en plus vive sur le secteur de l'ameublement », explique-t-il. Le chiffre d'affaires de l'éditeur textile a ainsi chuté de 5,7 M€ en 2011/2012 à 3,6 M€ en 2013/2014 avec un résultat net qui a fondu pour se réduire à peau de chagrin. Tournée vers deux types de marchés haut-de-gamme, l'habillement (Dior, Hermès...) et la décoration intérieure (tapissiers décorateurs), Belinac doit aujourd'hui réagir. Yann Biville a donc décidé de prendre le taureau par les cornes et d'engager son entreprise dans une petite révolution.
De l'uni au motif
Le dirigeant entend ainsi explorer la voie de l'export. L'entreprise réalise, aujourd'hui, 25 % de son chiffre d'affaires à l'international. Objectif : atteindre les 40 % dans les trois ou quatre prochaines années. « Actuellement, l'international concerne uniquement notre clientèle de l'habillement. Il faut absolument que nous nous positionnions aussi sur la décoration intérieure car le marché français est extrêmement morose ». Connu depuis des décennies pour son grand choix de tissus unis, l'éditeur textile doit désormais travailler sur des tissus à motifs. « Vendre du tissu uni, à l'étranger, c'est extrêmement difficile », explique Yann Biville. « Cela ne parait pas un changement très important pour un observateur extérieur, mais c'est un vrai bouleversement pour nous. Nous avons toujours nos collections d'unis mais désormais nous allons aussi présenter des collections vives, à motifs ». Pour atteindre son objectif de 40 % à l'export, Belinac va s'appuyer sur des distributeurs. La PME vise, dans un premier temps, la Chine et les États-Unis.
Sans dessus dessous
Autre piste explorée par le dirigeant de Belinac : le développement de collections pour les vêtements de dessus. « Belinac est connue, dans le textile haut-de-gamme, pour ses tissus de doublure. C'est noble et ingrat à la fois car on demande des caractéristiques techniques contraignantes à une doublure mais elle ne se voit pas. On veut maintenant passer du dessous au dessus ». Premier succès symbolique, en mai dernier, avec un défilé Chanel à Dubaï. « C'est la première fois que nous avons pu entrer chez un grand nom de la mode pour les matières principales. Les retours ont été immédiats, en terme d'image et de notoriété ». Grâce à ces nouvelles perspectives, Yann Biville espère atteindre un chiffre d'affaires de 3,8 M€ sur son exercice 2014/2015 et 4 M€ en 2015/2016.
Belinac
(Saint-Étienne) Dirigeant : Yann Biville 15 salariés www.belinac.com