Relevez votre manche, posez votre avant-bras dans la machine. Vous venez de donner votre sang. Vous n'avez rien senti ? C'est normal. Cette machine qui fait des prises de sang toute seule n'est pour le moment qu'un démonstrateur, mais ses créateurs espèrent bien la commercialiser d'ici trois ans. Grâce à l'imagerie 3D, elle détecte les veines même les plus abîmées et effectue le prélèvement automatiquement. Elle peut aussi poser un cathéter.
Le CHU de Nantes intéressé par le concept
Le concept intéresse déjà le CHU de Nantes. Mais avant de tester la machine sur l'homme, il va falloir concevoir un prototype, affiner l'imagerie 3D, tester sur l'animal tout en travaillant sur l'obtention de brevets. Cela devrait prendre un an et demi. Pour financer ces recherches, Aliaume Breteau-Hascoët et Jean-Baptiste de Chaisemartin, les créateurs de la start-up Bee Healthcare, née en septembre 2016, cherchent à lever 500 000 euros auprès de business angels avant le mois d'avril. Une première étape avant de chercher à nouveau 2,5 millions d'euros à la fin de l'année. Le but : embaucher deux salariés pour renforcer l'équipe composée des deux associés de 25 ans fraîchement diplômés. Leur start-up, accompagnée par Atlanpole et incubée par Audencia-Centrale-Ensa, n'a même pas officiellement six mois et elle a déjà reçu le premier Prix du ministère de la Santé au Concours Lépine International. Elle est aussi lauréate du programme d'accélération de l'École Polytechnique, lauréate du concours I-Lab 2015 Émergence organisé par Bpifrance et lauréate du Réseau Entreprendre Atlantique.
Une start-up créée pendant des études à Audencia
La plupart de ces prix, Aliaume Breteau-Hascoët et Jean-Baptiste de Chaisemartin les ont remportés alors qu'ils étaient encore étudiants. « J'ai eu l'idée du projet alors que j'effectuais un stage d'ingénieur à l'hôpital. À l'école ECE, j'avais choisi de me spécialiser dans le domaine médical », raconte Aliaume Breteau-Hascoët. Sûr de son idée, il travaille le week-end, les vacances, le soir sur le démonstrateur, puis décide de suivre un master à Audencia pour avoir des notions de management et de comptabilité. Son dernier stage, au printemps 2016, il l'a effectué dans sa propre entreprise. Si la machine ne remplace pas complètement l'homme, elle aiderait grandement le personnel hospitalier qui doit prélever des malades aux veines abîmées ainsi que les centres de dons du sang pour rendre les démarches plus rapides.