C'est une opération couronnée de succès. Début 2009, cinq communautés de communes sarthoises se sont regroupées autour d'un appel d'offres visant à construire des bâtiments blancs sur leur territoire. Ainsi c'est un investissement de près de 3M€ qui a été réparti entre les communautés de communes du Pays Fléchois, de Vègre et Champagné, du Canton de Pontvallain, du Pays Calaisien et du Saosnois. À la clé, des économies de l'ordre de 15% sur la construction pour les collectivités et des loyers modérés pour les entreprises. «Il s'agit d'être réactif face aux besoins des entreprises en développement. Aussi cette démarche collective permet de mettre en oeuvre des conditions d'accueil optimales pour faciliter les implantations», précise Guy-Michel Chauveau, président de la communauté de communes du Pays Fléchois, pilote du projet.
Collectivités maîtres d'ouvrage
Surtout, chaque communauté de communes a pu conserver la maîtrise d'ouvrage sur son bâtiment. L'architecte proposant en effet deux types de construction. Soit un module de 900m² divisible, soit un local de 650m² pour un locataire unique. Chaque maître d'ouvrage pouvant ensuite adapter des options d'aménagement (quais, hauteur, normes HQE...) au besoin du locataire. «En tant que spécialistes du solaire, nous cherchions quelque chose en phase avec notre philosophie, note Bruno Goullencourt, gérant d'Orienté Solaire, sur le canton de Pontvallain. Et en terme d'économie d'énergie, le bâtiment répond à nos attentes, sans pour autant faire gonfler le prix de la location». Et François Boussard, vice-président de la communauté de communes de préciser: «c'est une opération blanche pour la collectivité. La construction revient à 520k€HT moins une subvention de 124k€ au titre de la dotation de développement rural, compensée par les loyers des deux occupants». Un constat partagé par l'agence A3dess de la Ferté-Bernard, architecte du projet. «La consultation a eu un effet de masse sur les prix, mais elle aussi facilité la conception des bâtiments», note le gérant François Barbier. Les chantiers se sont ainsi échelonnés au rythme d'un démarrage de construction toutes les trois semaines. Et avec des PME en manque de locaux adaptés, les bâtiments ne sont pas restés vides longtemps. Si bien que toutes ces collectivités se disent prêtes à renouveler l'expérience. «On croit au développement endogène dans le Sud-Sarthe, souligne Guy-Michel Chauveau. C'est pour ça que nous avons toujours 600m² d'avance». La communauté de communes du pays fléchois planche en effet sur un septième bâtiment blanc qui pourrait à nouveau faire l'objet d'une commande publique.