« Depuis fin 2015, on ressent clairement un redémarrage du bâtiment, notamment dans la rénovation qui progresse partout », constate le directeur de Vendée Sani-Therm (VST), Thierry Orieux. Cette embellie du marché devrait rapidement le conduire à étendre les quelque 31.000 m² d'entrepôts, bureaux et showroom de cette coopérative d'achats, qui propose aux artisans des éléments de chauffage, de salle de bain et sanitaires, des articles pour l'électricité ou encore la couverture.
Lancer le chantier d'ici deux ans
« De mars à mai, la coopérative a enregistré une hausse de chiffre d'affaires de 10 %. Si on reste sur ce rythme on sera très vite à l'étroit, indique Thierry Orieux. On envisage donc de lancer un chantier d'extension de 4.000 à 5.000 m² dans les deux ans à venir. » Désormais à court de foncier, il lui faudra trouver un terrain à proximité.
Pour rappel, la coopérative de 240 salariés, avait déjà construit 5.200 m² supplémentaires en 2012, se dotant d'un nouveau showroom. Cette fois-ci, elle pourrait ajouter notamment un magasin de stockage automatisé, par exemple pour manipuler son carrelage. Outre la meilleure conjoncture, VST surfe en effet sur cette nouvelle activité, lancée il y a trois ans. « Les ventes de carrelage pèsent 12 millions d'euros et le potentiel de développement reste énorme, se réjouit Thierry Orieux. Ce secteur a amené 100 nouvelles entreprises sur les 500 adhérentes à la coopérative. »
Projet d'agence en Loire-Atlantique
Rayonnant sur la Vendée, les Deux-Sèvres, le Choletais et le Sud Loire-Atlantique, VST compte par ailleurs étendre son terrain de jeu. « On envisage d'ouvrir une agence, avec une salle d'exposition d'environ 800 m² et un dépôt d'appoint d'environ 1.500 m², soit au nord de Nantes, soit du côté de Saint-Nazaire ou de Guérande, afin de couvrir la moitié nord du département ».
Le dynamisme de la Loire-Atlantique, où VST compte 200 adhérents pour 37 millions d'euros de chiffre d'affaires réalisés et « où l'habitat collectif et résidentiel a beaucoup moins souffert » que chez ses voisins, explique aussi en partie les bonnes performances de VST.
Plus de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires
Avec 106 millions d'euros de chiffre d'affaires réalisés au total en 2015 (exercice clôturé au 28 février 2016), Vendée Sani-Therm reprend le chemin de la croissance après une stagnation depuis d'environ cinq ans (100 M€ en 2011). Stagnation qui s'explique par la conjoncture, avec une baisse des montants des achats, mais aussi l'effondrement du photovoltaïque (500.000 € de revenus aujourd'hui contre jusqu'à 14 M€ il y a encore quelques années).
Question bénéfices, la coopérative génère en moyenne 4 % à 5 % de résultat net par an (4,1 M€ en 2015), dont 15 % sont mis en réserve et le reste redistribué aux adhérents. Reste que Thierry Orieux ne court ni après le chiffres d'affaires, ni après les d'adhérents à tout prix.
Pour preuve, s'il indique que sa coopérative pratique des « tarifs inférieurs à ceux d'un négociant classique », il ne souhaite pas donner d'ordre de grandeur. « On ne veut pas attirer des entreprises juste pour le prix et avoir seulement des clients, mais plutôt des coopérateurs qui s'investissent, échangent des bonnes pratiques, nous aident à faire évoluer les salles d'exposition, notre cellule charger d'aider au chiffrage des chantiers... »
Nouveau boss À 47 ans, Thierry Orieux a pris les fonctions de directeur général fin juin. Arrivé en 1992 en tant qu'acheteur, il faisait partie de la direction depuis plus de 20 ans et occupait jusqu'ici le poste de directeur général délégué. Il succède à Michel Landreau, dont le père Joseph avait créé la coopérative en 1976, avant de cofonder le réseau Orcab (l'organisation des coopératives d'achats pour artisans du bâtiment).