Bloqué dans sa croissance au coeur du village de Sars-et-Rosières, son site historique depuis 1907, Bara s'est porté acquéreur d'un terrain de près de trois hectares à quelques kilomètres. Sur le parc d'activités local, le fabricant de sommiers a construit un nouvel atelier de 1.500m² dans lequel il a «délocalisé» son activité de rabotage. La production y démarre ce mois-ci. «Pour l'instant, nous conservons l'ancienne usine de 6.000m² pour nos bureaux et siège, ainsi que l'activité d'assemblage», précise David Bara, aujourd'hui aux commandes de la PME fondée par son arrière-grand-père et dans laquelle il est entré en 1994 après ses études à l'Espeme.
1,5million et quelques aides Ce projet de construction, activé en 2007, a été motivé par des contraintes fortes de la part de la Drire. Bara a investi 1,5million d'euros, répartis en trois tiers entre l'achat du terrain, son aménagement et le bâtiment. «Nous avons déménagé nos deux lignes de rabotage le mois dernier et en avons profité pour moderniser les machines en les automatisant», explique David Bara qui a investi 150.000euros supplémentaires pour cela. La société a obtenu 200.000euros d'aides pour le terrain, «au titre du développement rural», et 220.000euros du conseil régional conditionnés à la création d'emplois. «Le but est d'embaucher au moins dix personnes», annonce David Bara qui emploie 37salariés.
Capacités supérieures
Ce nouveau site de production permet aussi à l'entreprise d'augmenter ses capacités. Bara pourra ainsi produire annuellement environ 500.000sommiers, sans compter les têtes de lit. Cette activité s'avère être peu délocalisable vu le volume. La PME pourra raboter 100m³ par jour contre 70m³ auparavant. L'espace libéré dans son usine historique permet également de faire passer les capacités de stockage de 1.000 à 2.500m². Sur place, l'activité de montage y gagne aussi, passant de 350 à 500sommiers classiques en épicéa scandinave certifié PEFC par jour (20% de son business) et de 120 à 200 sommiers à commande électrique (30% de ses recettes).
Export en hausse
Bara réalise aussi 40% de son chiffre d'affaires en fournissant des kits prêts à monter à ses clients, exclusivement des fabricants de matelas qui ont externalisé leur production de sommiers. Il se vend généralement trois matelas pour un sommier. Son marché est français, mais tend à s'orienter vers le Benelux. De 3% il y a encore deux ans, sa part d'export doit grimper à 20% cette année. «Nous nous développons beaucoup sur la Belgique car de nombreux Belges vendent des matelas en France», souligne David Bara. Ces perspectives font affirmer au dirigeant nordiste qu'il retrouvera en 2012 son pic de chiffre d'affaires de 2009, soit 8,4millions. Mais Bara ambitionne bien plus avec ses nouveaux équipements: «Nous avons les capacités d'atteindre douze millions», confie David Bara qui inaugurera son atelier le 8juin. Au 31mars, il devrait clôturer son exercice à 5,8M€ pour 50.000€ de résultat.
Sur le marché depuis 30ans Si l'entreprise est séculaire, son métier actuel remonte à une trentaine d'années seulement. C'est Bernard Bara, père de l'actuel dirigeant qui a pris ce virage du sommier «par hasard». À l'époque, il s'était lancé pour le fabricant de matelas Simmons, à Saint-Amand-les-Eaux, racheté par le groupe Cauval (Dunlopillo, Treca). Malgré cette concentration d'acteurs, il a ensuite réussi avec son fils à diversifier le portefeuille clients comptant aussi Cofel (Epeda, Mérinos, Bultex) et une flopée de PME notamment régionales bien assises.
Géry Bertrande
Literie Sur le parc d'activités de Sars-et-Rosières, dans l'Amandinois, le fabricant de sommiers vient d'investir 1,5million d'euros dans un nouveau bâtiment. À quelques encablures de son siège historique, la PME centenaire y a déménagé son atelier de rabotage.