Banques bretonnes La peur de Bâle
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Banques bretonnes La peur de Bâle

Normes Bâle III impose aux banques des réserves plus importantes. Conséquence, le coût du crédit pourrait augmenter... au détriment de la compétitivité.

Les décisions prises en Suisse vont-elles mettre à mal la compétitivité des banques bretonnes et, par ricochet, des entreprises? Ce scénario catastrophe n'est peut-être pas si fantasque. Dans le cadre des normes BâleIII, du nom de la ville helvétique, de nouvelles règles ayant trait à la liquidité pourraient en effet être dictées à l'horizon 2015.




Recherche de liquidités

Épisode de la crise financière oblige, les établissements financiers devront en effet disposer de réserves permettant de faire face à tous les retraits qu'ils enregistrent habituellement sur une période de trente jours. Conséquence pour les banques européennes: «cela nécessite de trouver des ressources estimées à 1.000milliards d'euros», avance Jean-Yves Carillet, président du Comité régional des Banques de la Fédération bancaire française. Dans ce contexte, le modèle anglo-saxon, qui a plus souvent recours aux marchés, est favorisé. Car en France, la centralisation de l'épargne réglementée (Livret A et Livret Développement Durable) constitue un véritable frein, font valoir les professionnels. Et les entreprises bretonnes dans tout ça? «Cette liquidité recherchée sur les marchés nous coûte 1,4 point de base, décrypte Jean-Yves Carillet. Si cela se produit, inévitablement on enregistrera un renchérissement du coût du crédit.» Et d'insister: «cela peut changer complètement la situation économique actuelle.»




«Une reprise»

En attendant cette sinistre perspective, les banques bretonnes peuvent se consoler en se plongeant dans leurs résultats 2010. L'an passé, l'encours de crédits dans la région a en effet progressé de 6,1%. Côté entreprises, les encours de crédits d'équipement ont crû de 3,2% et les encours de trésorerie de 4,2%. «Cela traduit une reprise», fait valoir le président des banques bretonnes. Tout en soulignant une fin d'année exceptionnelle. «C'est plutôt une bonne surprise. Le second semestre a été beaucoup plus dynamique qu'on ne pouvait le présager. C'est même en toute fin d'année que ça s'est accéléré.» Autre bonne nouvelle, les actions de médiation, en lien avec la Banque de France, sont moins nombreuses. Et celles qui apparaissent «concernent des toutes petites structures et plus des PME», indique Jean-Yves Carillet.

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