L'annonce le 14 novembre dernier par le ministre des Transports Frédéric Cuvillier de la « poursuite des études préalables » concernant la future Ligne Nouvelle Paris-Normandie (LNPN) est venue appuyer fort à propos le discours très volontariste tenu quelques jours plus tôt à Rouen par les élus normands et franciliens.Réunis le 8 novembre dernier à l'invitation du président de la région Haute-Normandie, Nicolas Mayer-Rossignol, les représentants des trois régions (Haute-Normandie, Basse-Normandie et Ile-de-France) ont donné le coup d'envoi d'une étape de concertation en vue de l'élaboration du futur contrat de projet interrégional État Région (CPIER) qui doit être signé avant l'été 2014. Pas mécontent de jouer les maîtres de cérémonie quelques semaines seulement après son investiture, Nicolas Mayer-Rossignol a évoqué « une priorité stratégique pour les trois territoires concernés », et même au-delà « une priorité pour la France ! » L'ensemble, a rappelé l'élu, ne compte en effet pas moins de « 15 millions d'habitants, 7 millions d'emplois (dont 20 % des emplois industriels français) et représente 1/3 du PIB national ».
Les collectivitéstiennent la barre
Le 8 novembre marquait donc l'ouverture d'une étape cruciale, ont souligné les élus : celle d'une concertation en vue de l'élaboration d'un schéma stratégique pour le développement de la Vallée de la Seine. Composé des présidents des trois collectivités régionales, le « comité directeur » compte également dans ses rangs le Délégué interministériel à la Vallée de la Seine, François Philizot, ainsi que les préfets de région. Concession de cette gouvernance très institutionnelle, la concertation annoncée, ouverte aux autres collectivités, aux Ceser régionaux ainsi qu'au réseau consulaire, doit permettre d'identifier « des projets qui viennent du terrain », a lancé Nicolas Mayer-Rossignol.Reste que les trois groupes de travail initiés à cette occasion sont bel et bien pilotés par l'État et les régions elles-mêmes. Qu'il s'agisse de développement économique, de développement durable ou encore des « déplacements et réseaux ». D'ailleurs, dans l'ensemble, les grands projets sont déjà identifiés, tels la LNPN ou encore l'électrification de la ligne Serqueux-Gisors dédiée au fret.
« Que l'État s'engage
»Les travaux qui ont démarré et qui doivent s'achever en fin d'année ont donc pour principal objectif d'afficher au plus haut niveau de l'État la détermination des acteurs concernés, ce que confirme le président haut-normand : « nous avons décidé d'écrire à Jean-Marc Ayrault pour lui indiquer notre rassemblement, notre volonté et notre capacité à être au rendez-vous ainsi que notre souhait que l'État s'engage à une hauteur appropriée à l'enjeu ! »
Guillaume Ducable
Un nom, un logo, une gouvernance... la Vallée de la Seine veut se forger une identité territoriale. Reste à définir des objectifs et les moyens de les atteindre.