Profondément marqué par la fermeture de l'usine de l'équipementier automobile Faurecia - 267 licenciements à l'été 2011 -, le Pays de Redon se réconcilie avec les voitures. Mais plus question aujourd'hui de les construire. Créée il y a un an, Atlantic Recycl'Auto dépollue et déconstruit en effet les voitures en fin de vie. Six millions d'euros d'investissement, appuyés en partie par l'État, la Région et le Département, ont permis d'ériger à Saint-Nicolas-de-Redon une usine de 4.500 m² s'étendant sur un terrain de 4,5 hectares.
Équilibre dès 2014 ?
Contrôlée par l'industriel breton Patrice Le Blévenec (P-dg de plusieurs PME dont TIB et Marion Métallerie), Jean-François Coleno et le groupe vendéen Dubreuil (1,38 milliard d'euros de chiffre d'affaires), Atlantic Recycl'Auto emploie aujourd'hui 42 salariés et a bouclé son premier exercice à 3 millions d'euros de chiffre d'affaires. Des revenus supérieurs de 20 % aux prévisions des entrepreneurs. Si la PME a affiché des pertes en 2013, au premier trimestre 2014, « nous sommes à l'équilibre », assure Patrice Le Blévenec. Atlantic Recycl'Auto récupère des véhicules auprès d'assureurs, de garagistes, des concessions automobiles de Dubreuil, voire même de particuliers. « Nous sommes l'un des 1.500 centres français agréés par la préfecture », indique Patrice Le Blévenec, tout en soulignant que 43 % des véhicules destinés à la déconstruction en France ne passent pas par la filière légale.
Marchés des recycleurs et des pièces détachées
En une heure et demie en moyenne, une voiture est entièrement désossée sur la ligne de production de la PME. « On a beaucoup travaillé sur les process, aussi bien pour soigner l'ergonomie des postes de travail que pour gagner en productivité. Il faudrait six heures pour déconstruire une voiture de façon artisanale », note le dirigeant de la PME. Une petite partie des véhicules, comme les mousses, ne pourra pas être recyclée et partira en centre d'enfouissement. Une autre partie - le plastique ou le métal - sera commercialisée auprès de recycleurs. Enfin, ce qui est encore réutilisable sera revendu en pièces détachées, via les points de vente AD du groupe Dubreuil, les exportations, notamment vers l'Afrique, de moteurs et de boîtes de vitesse, les trois magasins d'Atlantic Recycl'Auto (à Rennes, Redon et Missillac) et par internet. « L'enjeu pour nous, c'est de développer ce marché de la pièce détachée qui représente 40 % de notre chiffre d'affaires », indique Patrice Le Blévenec. Pour écouler un stock aujourd'hui constitué de 20.000 portières, rétroviseurs et autres pièces détachées, les dirigeants de la PME misent sur la puissance de feu de Dubreuil, le développement de leur propre marque (Diprea) et leur nouveau système d'information, qui référence chaque pièce sur internet.
Ailleurs en France ?
Considérant qu'« il y a 70.000 véhicules qui, à 150 kilomètres à la ronde, sortent du parc roulant chaque année », le dirigeant d'Atlantic Recycl'Auto entend bien encore se développer à Saint-Nicolas-de-Redon. « On traite aujourd'hui 650 véhicules par mois. On a les capacités pour encore doubler », indique t-il. Dans un marché qu'il juge non délocalisable du fait des coûts logistiques, Patrice Le Blévenec pourrait également dupliquer son modèle ailleurs. « On a les moyens de le faire : on est associé au groupe Dubreuil ». Et ce n'est pas dans les gènes du groupe vendéen de se lancer dans un business en gardant le pied sur le frein...
Atlantic Recycl'Auto
(Saint-Nicolas-de-Redon) P-dg : Patrice Le Blévenec 42 salariés 3 millions d'euros de CA 02 99 72 11 00