Devant le succès de l'édition 2006, les organisateurs d'Artibat avaient décidé en 2008 de diviser le salon en deux sessions, l'une dédiée au gros oeuvre, l'autre au second oeuvre. Une formule que la Capeb, n'a pas souhaité reconduire en 2010 et qui l'a incité à émigrer vers le Parc de Rennes-Aéroport. «La formule avec deux manifestations séparées en 2008 n'a pas convaincu les exposants et les visiteurs. Les professionnels de la construction ont une activité de plus en plus transversale et souhaitaient revenir à un seul événement, encore plus en cette période de crise pour des questions de budget. À Nantes, la capacité d'accueil ne nous permet pas de faire un seul événement», explique Thierry Lanfant, commissaire général de Artibat.
Coup dur pour Nantes
Le divorce, aujourd'hui consommé, entre Artibat et le Parc de la Beaujoire, remonte pourtant à 2005. Face au succès grandissant du salon, ses organisateurs reprochent alors à l'infrastructure nantaise son manque de surface d'exposition couverte et des problèmes d'accessibilité. «Nous sommes victimes de notre succès avec le départ d'Artibat puisque si ce salon est devenu un événement majeur, le Parc des Expositions y a largement contribué depuis sa création en 1988. Maintenant, ce départ vers Rennes pose des questions car Artibat a reçu des subventions de la part des collectivités locales depuis son origine. Soutenir un salon, l'aider à grandir, pour finalement le voir partir, c'est embêtant. Ce qui est étonnant, c'est qu'en 2008 les organisateurs d'Artibat semblaient satisfaits. Je ne désespère pas de les voir revenir chez nous car le succès d'Artibat à Rennes n'est pas garanti», note Frédéric Jouët, dg du Parc de Nantes Atlantique. La Capeb réfute cet argument. «Je comprends la déception du Parc de la Beaujoire, mais les aides régionales ont toujours été anecdotiques pour Artibat. La plus importante subvention, c'était en 2006. Le salon avait reçu une subvention pour l'installation des 11.000m² de chapiteaux nécessaires à la tenue d'Artibat, mais cela n'a représenté que 5% du surcoût du à ces aménagements. Le problème, c'est que Artibat a grossi plus vite que le Parc des Expositions de la Beaujoire. À Rennes, nous disposerons de 54.000m² de surfaces couvertes contre 29.700m² à Nantes, d'une meilleure accessibilité et de davantage de places de stationnement», note Thierry Lanfant. Une nouvelle fois, la capacité d'accueil du Parc des Expositions de la Beaujoire est donc pointée du doigt pour l'accueil de grosses manifestations, Artibat ayant attiré 49.500 visiteurs et 1.086 exposants en 2008. «Ce n'est pas la première fois que l'on voit un salon nous quitter ou que l'on ne peut pas accueillir deux événements à la fois à cause de notre surface. Nous sommes coincés entre l'Erdre, le périphérique et la Beaujoire. Les collectivités et la CCI, notre actionnaire, en sont conscientes», indique Frédéric Jouët.
Un salon majeur s'en va
Le coup est rude en tout cas pour le Parc des Expositions puisque Artibat faisait partie de ses salons majeurs. «Artibat représentait un gros chiffre d'affaires pour nous. Ce départ est d'autant plus ennuyeux que l'on s'attend à une année 2010 difficile pour le marché des salons», conclut Frédéric Jouët.
Artibat n'est plus un salon nantais mais rennais. La Capeb des Pays de la Loire, organisatrice du salon biennal de la construction, a en effet décidé de quitter le Parc des Expositions de la Beaujoire au profit de celui de Rennes en 2010.