Succédant à Gaston Maulin début octobre, Arnaud Tourtoulou est le nouveau président du CSBJ, club de rugby de Bourgoin-Jallieu.
Pouvez-vous vous présenter?
J'ai 46 ans, je suis marié et j'ai deux enfants. J'ai fait l'ESC de Paris, puis une maîtrise de droit. J'ai commencé dans le marketing. Puis je suis parti deux ans dans la marine, dans les troupes coloniales... À mon retour, j'ai dirigé CB'A, une agence de conseil en design et communication, avec Louis Collinet. L'entreprise a grossi à 240 personnes et nous l'avons revendue à WPP. J'en suis toujours le vice-président. Je tiens également une chambre d'hôte, à Emalleville en Normandie.
Tout cela est bien loin du rugby... Pourquoi devenir président du CSBJ?
On est venu me chercher! Mais j'ai joué au rugby pendant trente ans et j'ai été éducateur auprès des juniors d'Evreux et officier de liaison du XV d'Angleterre pendant la Coupe du Monde 2007. Je vais apporter au club du temps, mon réseau d'entreprises et mon expérience de gestion de PME. Car avec 70salariés et un budget de 10,5M€, dont 9M€ pour la SASP (NDLR: société anonyme sportive professionnelle), le CSBJ est une PME.
Quels sont vos objectifs pour le club?
Sur le plan sportif, je vise le maintien en Top 14. Sur le plan financier, je ne suis pas un mécène, mais un entrepreneur, je vais donc gérer le club comme une PME. Il va falloir mettre en place des outils de gestion et installer un directeur général. Le club doit être rentable, l'équilibre est visé dès cette saison. Un pool d'investisseurs sera mis en place avec une augmentation de capital et la présence d'une trentaine de grosses entreprises locales et nationales. On y trouve déjà Pascal Lebard, président d'Arjowiggins, Geoffroy Roux de Bezieux, patron de Virgin mobile, Yves Marchand, ex-directeur général d'Adidas Europe, Jacques Chanut et le domaine des Sybelles. Pour la billetterie, je vise un budget de 2M€. Quant au projet de stade, j'aimerais à court terme augmenter le nombre de places et les loges, mais rien n'est acté pour l'instant. J'ai des prétentions modestes, j'opte pour une solution transitoire, mais facile et rapide à construire et raisonnable en termes de coûts. J'ai une règle: promettre ce que l'on peut faire, et seulement cela. Mais il faut du temps pour réorganiser une PME et changer les mentalités. Un challenge est d'autant plus beau qu'il est difficile; et là, il est difficile!