Arcoa : Un actionnaire providentiel à quai
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Arcoa : Un actionnaire providentiel à quai

Le constructeur de yachts de luxe Arcoa à Lorient émerge d'une passe difficile. Il en sort a priori renforcé. Un nouvel actionnaire a relancé les projets.

L'arrivée d'un nouvel actionnaire dans le giron d'Arcoa, constructeur de yachts de luxe, a permis au chantier naval lorientais de sortir de son plan de sauvegarde. La société financière DLJ, holding déjà présente dans l'hôtellerie, la cosmétique, le textile et la distribution, est désormais à même de financer le développement d'Arcoa. Depuis son arrivée, deux millions d'euros ont été réinjectés dans le capital. Les créances qui s'élevaient à un million d'euros, dont 300.000 euros de retard de loyer dus de la SFLD (société financière Lorient développement), s'étalent aujourd'hui sur sept ans. Renforcée, Arcoa compte bien passer l'épreuve de force de cette seconde crise en cours en lançant deux nouveaux modèles de bateaux et en préparant une extension.




67 recrutements à venir

«Nous avions démarré une restructuration de l'entreprise de façon volontaire», explique Philippe Guglielmetti, président d'Arcoa. «Nous étions les premiers à y entrer en septembre 2010, nous sommes les premiers à en sortir», se rassure-t-il, observant tristement ses confrères et voisins Alliage et Alliaura. Le premier a cessé son activité et le second a nettement réduit la voilure. Pourtant, alors que la tempête économique n'est pas encore à conjuguer au passé, Arcoa émet des voeux qui pourraient attiser la jalousie. Avec un plan de recrutement de 67 personnes d'ici à 2014, la construction d'une extension en 2013 et la mise sur le marché de nouveaux modèles. Si Philippe Guglielmetti a retrouvé son optimisme, c'est grâce à son nouvel actionnaire. Un investisseur que l'on pourrait qualifier de providentiel. «DLJ, entré à hauteur de 30 % du capital, est appelé à être actionnaire majoritaire d'ici à 24 mois», annonce le président. «Il prépare ainsi la sortie de Nestadio». L'accompagnement par le fond d'investissement de Florent de Kersauson arrive à échéance. Et Philippe Guglielmetti a trouvé en DLJ le partenaire idéal. «L'avantage d'un groupe pluridisciplinaire comme celui-ci est qu'il peut se permettre d'être à contre cycle sur certaines activités. Arcoa ne représente pas plus de 10 % de l'activité de la société financière.»




Extension de 1.500 m² en 2013

Une chance donc, qui permet de financer le futur bâtiment sur le site de Keroman. Le dossier de l'extension de 1.500 m², évaluée à 1,5 million d'euros, doit être bouclé d'ici à l'été 2012 pour une mise en oeuvre opérationnelle au plus tard à l'été 2013. Ce bâtiment récupérera les activités jusqu'ici externalisées comme la réalisation de pièces composites fabriquées chez Catlantech et la sous-traitance des coques fabriquées par Alliaura. Si ce projet faisait partie du plan initial de développement d'Arcoa dès son installation à Lorient, il a pris deux ans de retard pour cause de crise internationale. Crise qui a valu au chantier naval de diviser par deux son chiffre d'affaires et de voir se tendre ses relations bancaires et institutionnelles.




Première incursion dans l'entrée de gamme

C'est aussi le nouvel actionnaire qui a impulsé à Arcoa la mise en chantier de deux nouveaux modèles de bateaux. Arcoa s'apprête ainsi à relancer la marque ACM avec un modèle de 16 mètres, standard et non modifiable, de premier prix. «Le coeur du marché, ce qui crée le volume, ce sont les bateaux de prix moyens.» Mais, en période de crise, ce marché s'assèche. «Ceux qui s'en sortent sont ceux qui misent sur l'entrée et le haut de gamme», assure Philippe Guglielmetti. Ce Véloce 53 ACM coûtera près de 800.000 euros. «Alors qu'un yacht Arcoa de la même taille en coûterait 1,2 million», précise-t-il prévoyant d'en fabriquer huit par an. Dessiné par Exequiel Cano-Lanza, architecte naval Argentin qui a fait ses armes durant 15 ans chez Couach, maison mère originelle d'Arcoa, ce yacht sera présenté en septembre 2013 au salon de Cannes. Un an plus tard, le nouveau yacht de 86 pieds fera son apparition sur le même salon. 28 mètres de long, carène bi-vitesse, efficace à douze comme à 24 noeuds, ce yacht à quatre millions d'euros sera économe en carburant. «Nous nous positionnons désormais sur la conception de bateaux responsables», précise Philippe Guglielmetti qui compte produire deux Yacht 86 par an. Chaque prototype sera financé grâce au soutien des banques partenaires de l'actionnaire DLJ. De quoi assurer enfin les projets de développement annoncés par Arcoa depuis 2008. «L'objectif est de parvenir à 100 personnes sur le site en 2015. Je sais que nous sommes en retard sur notre programme», conclut-il. «Personne n'avait anticipé une telle crise».

Arcoa



(Lorient)


Président : Philippe Guglielmetti Effectif : 22 personnes Chiffre d'affaires 2011 :


3,5 millions d'euros Tél. : 02 97 78 84 90.

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