« L'innovation c'est très bien mais un jour il faut que ça s'arrête et il faut commencer à la vendre, à avoir des commandes pour gagner de l'argent ». Ces mots sont ceux de Jean-Éric Petit, le directeur général d'Europlasma. Depuis janvier 2014, il a repris les rênes de cette entreprise bordelaise créée en 1992, cotée en bourse, qui développe une technologie très innovante : la torche à plasma. Ce procédé permet de générer une très haute température qui fait fondre tout type de matériau ou permet de casser les molécules. Europlasma utilise ce procédé pour valoriser des déchets dangereux comme l'amiante via sa filiale Inertam, ou produire de l'électricité par gazéification des déchets via sa filiale CHO Power qui dispose d'une usine à Morcenx (40). Malgré cette technologie innovante, l'entreprise s'est trouvée l'an dernier dans une situation financière très difficile qui a conduit la nouvelle direction à suspendre sa cotation et à remettre à plat la stratégie.
Obtenir des commandes
« Quand je suis arrivé début 2014, nous avons dû faire une première augmentation de capital de 4 M€ pour payer les salaires et les frais courants, explique Jean-Éric Petit. Mais cela ne suffisait pas, alors j'ai dû être brutal et prendre des décisions rapidement pour sauver l'entreprise. J'ai fait le constat que nous avions un très beau portefeuille technologique mais que nous brûlions trop de cash car nous ne valorisions pas assez ce portefeuille. J'ai donc redéfini une stratégie privilégiant le déploiement commercial des procédés maîtrisés au développement à tous crins de nouvelles technologies. En un mot, nous devions passer d'une société de R & D à une société commerciale. » Une seconde levée de fonds de 36 M€ en octobre 2014 est donc intervenue pour donner de l'oxygène à l'entreprise et se redéployer. « Cela nous a permis d'éliminer nos dettes et d'avoir de la trésorerie et donc plus de stabilité. »
Des contrats en Chine et en Bulgarie
Une stratégie qui semble payante puisqu'Europlasma a annoncé début janvier la vente d'une unité de vitrification de cendres volantes issues de l'incinération d'ordures ménagères à un client chinois. Son nom et le montant du contrat n'ont toutefois pas été communiqués. La livraison est prévue pour 2016. « Ce procédé a été développé par Europlasma à l'échelle industrielle il y a plus de 20 ans, mais a été peu vendu, précise le Dg. Ce contrat est un bon signe. Il y a en Chine des opportunités de marché car le pays est de plus en plus soucieux de l'environnement. » D'ici la fin de l'année, Europlasma devrait également livrer une unité de vitrification de déchets faiblement radioactifs à la centrale nucléaire de Kozloduy en Bulgarie. Ce projet est mené en partenariat avec les sociétés Iberdrola et Belgoprocess.
Une seconde usine CHO Power à Thouars
Enfin Jean-Éric Petit annonce la livraison définitive de l'usine de Morcenx cette année et aussi le démarrage de la construction d'une seconde usine CHO Power à Thouars (79). « Nous sommes dans un cycle de vente assez long mais ces trois contrats garantissent la pérennité de l'entreprise. Je suis confiant pour les années à venir. En 2015, nous devrons poursuivre notre développement commercial et améliorer les performances de notre filiale de traitement de l'amiante Inertam. »
Europlasma
(Pessac) Dg : Jean-Éric Petit CA 2013: 12,6 M€ 95 salariés dont 75 à Morcenx 05 56 49 70 00 www.europlasma.com