L'heure n'est pas au catastrophisme, mais les acteurs de l'apprentissage en Alsace sont vigilants. La crise économique pourrait perturber le placement des apprentis dans les entreprises à la rentrée 2009-2010. «Nous notons effectivement une forte mobilisation des acteurs car les enjeux sont importants», explique Jean-Louis Chauvineau, responsable du service apprentissage au rectorat. «Les entreprises raisonnent à court terme ce qui rend difficile de faire de la prospective», reconnaît-il. L'équation est la suivante: comment justifier l'embauche d'un apprenti quand on a par ailleurs recours au chômage partiel ou à des licenciements... La réforme du Bac professionnel, dont l'étalement sur 3 ans va être généralisé à la rentrée, ne devrait également pas faciliter les choses. Steven Thenault, directeur de l'éducation et de la formation à la Région se veut pourtant rassurant. «Les annonces un peu alarmistes font état d'un recul de 23% des contrats au niveau national, la baisse ne devrait être que légère en Alsace», affirme-t-il.
Les collectivités au secours des apprentis
Les mesures présentées par Nicolas Sarkozy pour favoriser le recrutement d'apprentis (notamment une prime de 1.800euros pour l'entreprise) devraient jouer à plein selon lui. Il n'empêche, le président du conseil régional Adrien Zeller a demandé à ses services de plancher sur un moyen de booster l'embauche d'apprentis par les collectivités locales. «Attention, l'idée n'est pas de le faire par charité, mais par besoin», avertit Steven Thenault. Mais cette problématique du placement des apprentis en début de formation pose aussi la question de leur avenir en fin de cycle. Président de la Chambre des métiers d'Alsace, Bernard Stalter livre cette analyse: «On est dans une situation où les apprentis en fin de cycle de niveau V (CAP, BEP, ndlr) évoluent vers un niveau IV (Bac pro). Et ainsi de suite». S'ils ne rentrent pas encore sur le marché du travail, ces jeunes restent en formation dans l'entreprise qui les a accueillis initialement et améliorent ainsi leur qualification. «En sortie de crise, nous aurons donc du personnel plus qualifié», se réjouit-il. Un point de vue positif qui n'empêche pas l'ensemble des acteurs de la formation de se rencontrer régulièrement pour faire le point. Et d'envisager de revoir le contingentement des lycées professionnels si, à tout hasard, les apprentis et leurs CFA ne parvenaient pas à trouver les contrats dont ils ont besoin.
La conjoncture économique pourrait compliquer le placement des apprentis dans les entreprises à la rentrée 2009-2010.