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Angerone : Faire de l'Anjou un spot du « tourisme médical »
Maine-et-Loire # Santé # Création d'entreprise

Angerone : Faire de l'Anjou un spot du « tourisme médical »

Créatrice d'Angerone, Ingrid Dumont propose à des chefs d'entreprise étrangers de venir se faire opérer par des médecins réputés du CHU et de la Clinique de l'Anjou.

La créatrice

Attirer en Anjou des étrangers désirant consulter des pointures internationales de la médecine. Voici le défi de la créatrice d'Angerone, Ingrid Dumont. À 38 ans, cette savoyarde d'origine travaille depuis longtemps dans le médical. Juriste de formation, elle intègre rapidement les laboratoires bioMerieux, où elle planche notamment sur les évolutions de carrière possibles dans cette entreprise internationale. Plus tard, elle sera chargée de mission RH à la Clinique de l'Anjou. Là-bas, un chirurgien réputé lui raconte qu'il est souvent sollicité pour des conférences et interventions aux USA, en Chine, en Russie...

Le concept

« De nombreux médecins réputés exercent à la Clinique de l'Anjou et au CHU, dans le domaine de l'obésité ou encore de la neurochirurgie, avec opérations de tumeurs utilisant des techniques de réalité virtuelle par exemple », argumente Ingrid Dumont. De quoi intéresser « une clientèle de chefs d'entreprises étrangers, voire d'autres profils ». Certains « pour bénéficier des dernières avancées médicales, liées aux nouvelles technologies », d'autres comme les Américains ou les Suisses « parce que l'opération en France revient moins cher ». Qui dit tourisme, dit aussi à-côtés culturels, avec des déplacements possibles pour le patient et sa famille : sur la compétition hippique du mondial du Lion, au cadre noir de Saumur, pour assister aux 24 heures du Mans, etc. Pour organiser ces séjours haut de gamme, Angerone a noué des contacts avec l'agence de voyages Loire Secrets et des professionnels de l'hôtellerie.

Confidentialité et cybersécurité

Pour capter la demande, Ingrid Dumont pourra s'appuyer sur un réseau de professionnels du médical qu'elle a rencontrés lors de sa carrière. Reste à résoudre une difficulté : rendre ces voyages confidentiels. Préserver sa vie privée, ne pas inquiéter ses salariés, ne pas voir son bulletin de santé influer sur le comportement des actionnaires... Plusieurs motifs entrent en jeu. Pour protéger les informations hébergées sur sa future plate-forme informatique et les communications privées avec ses clients, Angerone a récemment recruté un ingénieur en cybersécurité. Si besoin, des rendez-vous d'affaires avec des entreprises régionales pourront aussi être proposés pour donner une excuse au déplacement.

Les perspectives

Pour avancer, Angerone envisage une levée de fonds en 2018, afin de financer sa R & D. Ciblant des patients résidants en dehors de l'Union européenne, « donc sans prise en charge des soins par la sécurité sociale », une prestation « 30 % plus chère », la Néo-Angevine nourrit de belles ambitions. Elle table sur au moins cinq embauches à moyen terme. « Angerone vise les 3 millions d'euros de chiffre d'affaires, pour 300.000 ? de résultat net, en 2019, annonce Ingrid Dumont. Difficile toutefois de faire des prévisions, car l'activité dépendra des types d'opérations effectuées. Pour elle, en tout cas, la demande existe : « le marché mondial du tourisme médical représente 489 millards d'euros... Il faut l'attirer chez nous ».

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