Une nouvelle réglementation française pourrait bien permettre à Alsim de décoller. Spécialisée dans la conception et la réalisation de simulateurs de vol destinés à la formation des pilotes d'avions, la société du Loroux-Bottereau s'apprête en effet à s'engouffrer sur le marché de l'IFR privé. Aujourd'hui, la réglementation française prévoit deux types de formation pour le pilotage aéronautique. D'une part le vol à vue qui permet de piloter uniquement en cas de bonne visibilité, et d'autre part l'IFR (Visual Flight Rules) qui impose des règles de vol avec instruments pour les pilotes professionnels. Entre ces deux catégories de formations, le législateur vient de créer l'IFR privé pour permettre aux pilotes non-professionnels de voler par tous les temps. «Avec l'IFR privé, des entrepreneurs pourront par exemple bientôt louer un avion pour se rendre au sein d'une de leur filiale située à l'autre bout de la France et gagner ainsi du temps. Les écoles de pilotage vont ainsi voir arriver une nouvelle clientèle de pilotes et vont devoir s'équiper en nouveaux simulateurs. De nouvelles sociétés de formation au pilotage devraient également se créer pour faire face à cet afflux de nouveaux pilotes. Cette législation va permettre de permettre de démocratiser le pilotage», s'enthousiasme Jean-Paul Monnin, co-fondateur d'Alsim.
25.000 pilotes à former
Surtout, cette législation, pour l'instant franco-française, devrait bientôt gagner les autres pays de la Communauté européenne où l'on estime que 25.000 pilotes pourraient devoir se former à l'IFR privé. Pour faire face à ce nouveau marché, la société du Loroux indique déjà disposer de simulateurs nouvelle génération permettant de se former à l'IFR privé. Alsim prévoit d'y incorporer de nouvelles fonctionnalités, notamment en matière de sensation et de mouvement de pilotage.
Top 3 mondial
Cette nouvelle opportunité de marché, survient au moment où les dirigeants d'Alsim viennent d'opérer un travail de réflexion sur le sens qu'ils souhaitaient donner à leur entreprise. «J'ai beaucoup lu et je me suis ouvert au monde. Cela m'a permis de savoir vers où je voulais aller au niveau professionnel. Alsim aurait pu continuer tranquillement à vivre comme ces dernières années, mais là on a décidé de décoller à nouveau. C'est de notre responsabilité vis-à-vis de nos salariés, de nos clientset de nous-mêmes », indique Jérôme Binachon, ex-pilote de ligne et co-créateur d'Alsim. Solidement installée dans le top 3 mondial des fabricants de simulateurs de vol, avec des clients dans 35 pays, la société lorousaine envisage même à terme de fabriquer ses propres avions. «On ne se fixe pas de limites. Nous avons des compétences aéronautiques qui dépassent le cadre des seuls simulateurs de vols. Dans quelques années, on peut imaginer concevoir et fabriquer un avion d'affaires mono-réacteur, avec un moteur de secours, équipés de commandes de vol électriques et proposant quatre places. Il s'agit de développer un avion intelligent, capable d'aider le pilote dans toutes les phases de vol. La volonté, c'est de faire passer Alsim à l'âge adulte», renchérit Jérôme Binachon.
Alsim
(Le Loroux-Bottereau) Dirigeants: Jérôme Binachon et Jean-Paul Monnin 25 salariés CA 2010: 3,2M€ 02 40 03 77 74