Président de l'université Bordeaux1 Sciences technologies depuis 2005, Alain Boudou est depuis le mois de mai le président du Pres, le pôle de recherche et d'enseignement supérieur qui réunit sous la bannière ?Université de Bordeaux?, les quatre facultés bordelaises, les trois écoles d'ingénieurs (ENSEIRB, ENSCPB, ENITAB) et Sciences Po Bordeaux. À ce titre, cet homme dynamique parfois impatient comme il l'avoue lui-même, mais très ambitieux pour son université, doit poser les fondations de l'opération Campus. Ce vaste plan lancé par la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse prévoit la modernisation des universités françaises dont celle de Bordeaux qui a obtenu 475M€. «Ce plan, c'est vraiment une aubaine pour nous et c'est passionnant de participer à sa mise en place même si parfois mon emploi du temps est plus que chargé, avoue Alain Boudou. Les défis qui s'offrent à l'Université de Bordeaux sont tellement importants qu'on s'adapte au rythme.»
Un président atypique
Car cet enseignant-chercheur de renommée internationale dans le domaine de l'écotoxicologie aquatique n'a pas le profil classique d'un président d'université. «Je n'étais pas programmé pour ça, dit-il en souriant. Au début de ma carrière je me destinais à l'enseignement secondaire et puis l'appel de la recherche a été plus fort.J'ai toujours adoré enseigner, communiquer, partager.» Au fil des années, ce Lotois d'origine qui a fait ses études à Toulouse mais vit à Bordeaux depuis 37 ans, a eu différentes responsabilités: direction du Leesa (Laboratoire d'écophysiologie et d'écotoxicologie des systèmes aquatiques), du programme pluridisciplinaire du CNRS ?Mercure en Guyane?, du programme ?Pollution métallique? au sein du GIS Ecobag... C'est une conjonction de circonstances qui l'ont amené à se présenter en 2005 à la présidence de l'université Bordeaux 1. «Je n'ai jamais été vice-président et je n'avais pas prévu de me présenter. Je me suis jeté dans le grand bain sans savoir nager! J'ai arrêté l'enseignement et la recherche pour me consacrer pendant cinq ans à ce mandat. J'ai découvert un monde passionnant où l'on peut vraiment faire bouger les choses, estime Alain Boudou. Un monde pas si éloigné de celui du chef d'entreprise d'ailleurs!»
Université et entreprises ne sont pas antinomiques
Sa plus grande fierté: le classement l'an dernier de Bordeaux 1 dans le palmarès thématique de l'université de Shanghai consacré aux sciences de l'ingénieur et de l'informatique grâce notamment aux nombreux laboratoires implantés sur le campus qui fonctionnent en partenariat avec le privé. Pour Alain Boudou, ce classement démontre que l'université doit renforcer ses liens avec les entreprises et les partenaires industriels si elle veut être attractive et engendrer de l'innovation. Un discours qui n'est pas forcément apprécié de tous. «J'assume cette position. Pour moi, il n'y a pas d'antinomie entre l'université et les entreprises. Tout est une question de dialogue et d'explication. Il ne s'agit pas de vendre l'université aux industriels mais de travailler ensemble pour favoriser le transfert de technologies et créer de la richesse et de l'emploi. L'université est un facteur de l'attractivité régionale.» À 60 ans, il reste à Alain Boudou deux ans de mandat pour mener à bien ces projets. Ensuite, il partira à la retraite et consacrera son temps à toutes ces choses qu'il ne prend plus le temps de faire: aller au cinéma, au Grand théâtre...
Alain Boudou, président de la faculté de sciences, est également à la tête de l'Université de Bordeaux depuis mai. Chercheur de renommée internationale dans le domaine de l'écotoxicologie aquatique, c'est un homme de dialogue qui souhaite créer plus de liens entre l'université et les entreprises.