Aethica : Le promoteur constructeur nantais lève un million d'euros et s'attaque à Rennes
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Aethica : Le promoteur constructeur nantais lève un million d'euros et s'attaque à Rennes

Bâtiment Regroupant des entreprises de promotion immobilière et de construction, Aethica boucle un tour de table d'un million d'euros. L'opération permet notamment de financer l'implantation de la PME nantaise à Rennes.

Alors que le secteur de l'immobilier plonge dans la crise, le promoteur constructeur Aethica lève un million d'euros. BTP Capital Investissement, un vecteur d'investissement du Crédit Coopératif, prend 6 % du capital de l'entreprise nantaise. Cette participation devrait monter à 11 % dans sept ans, une fois les obligations du financier converties en actions. Pour Patrick Fontaine, le dirigeant d'Aethica, cette opération « permet de financer le développement » de la PME qui emploie 231 salariés.




Implantation à Rennes

Pour la partie promotion immobilière, ce développement passera désormais par Rennes. Présente à Nantes et à Saint-Nazaire à travers ADI, Aethica implantera en effet une nouvelle filiale, avec trois personnes au démarrage, dans la capitale bretonne d'ici à la fin de l'année. « Rennes est le deuxième marché de logements de l'Ouest après Nantes. En 2017, avec le LGV, la ville ne sera plus qu'à 1 h 27 de Paris. L'agglomération rennaise est susceptible de connaître un essor similaire à celui qu'a connu Nantes suite à l'arrivée du TGV », explique Patrick Fontaine. En Ille-et-Vilaine, le dirigeant affiche sa volonté de « commencer modestement, avec des opérations de petit habitat collectif », tout en gardant un oeil sur les opérations d'envergure, lancées en zone d'aménagement concertée. Malgré un « petit appel d'air sur la commercialisation de logements en avril », l'activité promotion d'Aethica, qui représente les deux tiers du chiffre d'affaires (98 millions d'euros) de l'entreprise, devrait continuer à progresser dans les prochains mois. À Saint-Nazaire, l'entreprise est en train de réaliser les 450 logements de l'éco-quartier de la Vecquerie. Dans la cité des ducs, la PME assure la maîtrise d'ouvrage, avec la Ville de Nantes, de l'opération Désiré-Colombe, dont le lancement des travaux est prévu en 2015. Sur le site de l'ancienne Bourse du travail et des salons Mauduits, doivent voir le jour 121 logements, 220 places de parking, un pôle associatif de 4.500 m² et une crèche.




Une offre pour la colocation

Toujours à Nantes, Aethica se prépare à lancer un concept de logements adaptés à la colocation. S'étendant sur 89 m², les quatre premiers prototypes doivent voir le jour durant l'été 2015 sur l'Ile de Nantes. Prévus pour quatre colocataires, ces appartements comprendront une cuisine avec quatre réfrigérateurs et des points d'eau dans chaque chambre, cela afin de tenter de désengorger la salle de bain. Ils seront livrés meublés, avec des prestations comprenant le ménage, l'abonnement au gaz, à internet, le chauffage, l'eau, etc. « L'objectif, c'est que le logement et l'ensemble des charges inhérentes à la location coûtent 450 euros par personne, sachant que les colocataires pourront être éligibles aux APL », fixe Patrick Fontaine. Les quatre premiers logements seront exploités par Lefeuvre Immobilier. Cette entreprise nantaise et Aethica ont déposé une marque, «@coloc », afin de déployer ce concept.




« Pas de redémarrage avant la fin 2015 »

La situation des activités de construction d'Aethica s'avère plus compliquée. « En réhabilitation, cela va encore. Le carnet de commandes de Pinard (NDLR : filiale d'Aethica spécialisée en isolation et plâtrerie pesant cinq millions d'euros de chiffre d'affaires) est plein. La difficulté est plus sur les travaux neufs en gros oeuvre », indique Patrick Fontaine. Le gros oeuvre, c'est la spécialité de la filiale André BTP (24 millions d'euros de chiffre d'affaires). « On s'attend à l'automne à une baisse de 20 % de l'activité d'André BTP », indique Patrick Fontaine, qui dit ne « pas voir de redémarrage avant la fin 2015 ». Pour tenter de contrer une concurrence exacerbée - « sur chaque dossier, on fait face à des prix anormalement bas » -, Patrick Fontaine a réorienté sa stratégie. « Pour tenter de sortir d'une concurrence déloyale affectant les petits marchés, on se positionne sur des macro-lots, en tant qu'entreprise générale et en conception réalisation ». Sur ce mode de dévolution des marchés publics, qui nécessite de lourds investissements pour une PME, « nous avons démontré notre savoir-faire. Maintenant, il est temps pour nous de gagner un marché. Il n'y a pas que les nationaux qui peuvent le faire », assure le président d'Aethica.




Transferts d'activité

Dans le même temps, Patrick Fontaine met une dernière main à son plan d'optimisation de ses ressources. En fin d'année, principalement pour des questions de flux logistiques, Le Bâtiment Guérandais déménagera de Guérande à la zone de Brais à Saint-Nazaire, au sein d'un bâtiment de 550 m². Ce transfert suit de quelques mois celui de Pinard, qui a rejoint cet été le site d'André BTP, situé dans le quartier Chantenay à Nantes. Dans un contexte pour le moins compliqué, Aethica parvient toujours à sortir du résultat. « On a dégagé 870.000 euros en 2013. C'est moins de 1 % du chiffre d'affaires. Globalement, en France, les marges des entreprises sont insuffisantes. Et dans le bâtiment, le législateur ne nous aide vraiment pas. Entre le manque de visibilité, l'excès normatif, la loi Duflot, le logement social qui est financé par le libre, le logement est devenu très compliqué en France », assure Patrick Fontaine.

Aethica



(Nantes) Président : Patrick Fontaine 231 salariés 98 M€ de CA 02 40 20 21 00

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