Voilà deux ans que les discussions ont débuté avec British Airways. Elles ont abouti le mois dernier avec l'officialisation d'une ligne aérienne régulière saisonnière entre Angers-Marcé et London City. La nouvelle a de quoi réjouir les partenaires financiers que sont Angers Loire Métropole, la CCI et l'exploitant Kéolis, qui ont connu quelques déboires par le passé. Le plus récent étant le retrait des avions de la compagnie italienne Air Vallée, en novembre dernier.
«Compagnie sérieuse»
Tous se félicitent d'avoir réussi à attirer «une compagnie sérieuse, un partenaire solide», en phase avec la stratégie qu'ils ont définie depuis deux ans pour l'aéroport. Pour Daniel Loiseau, vice-président de l'agglomération en charge du développement économique, le low-cost n'en fait pas partie. «Ce modèle ne nous semble pas durable. Nous ne voulons pas engager des sommes phénoménales, comme Tours, par exemple, qui verse deux millions d'euros d'aides. Nous sommes plutôt intéressés par des compagnies de niche.»
Un hub vers l'Europe et les États-Unis
Cette liaison, qui mettra Angers à 1 heure 05 du centre de la capitale britannique, aura le double intérêt «de permettre à nos entreprises de rejoindre Londres de manière simple et rapide et de capter des hommes d'affaires anglais, souligne Daniel Loiseau, mais aussi d'attirer des touristes britanniques». Un public que l'on sait particulièrement attiré par la vallée de la Loire. «On ne pouvait pas avoir mieux comme destination, appuie Éric Groud, président de la CCI, d'autant que l'on peut voyager dans le monde entier depuis Londres.» Une dizaine de connexions via London City vers l'Europe et les États-Unis sont en effet possibles.
«Pourquoi s'entêter?»
Grosse satisfaction donc, du côté des partenaires, mais aussi gros «coup de gueule», de la part de Daniel Loiseau. «Je regrette que, malgré les engagements pris, le conseil général nous ait lâchés il y a deux mois.» Pour financer la promotion de la nouvelle ligne, 225.000€ sont déboursés, répartis entre les différents partenaires. Avec cette nouvelle donne, le taux passe de 50 à 70% pour l'agglomération. Kéolis intervient à hauteur de 20% et la CCI de 10%. Le Département parle «d'une position totalement justifiée». Il s'explique: «On nous demandait 43.000€, soit 7,50 € par siège de voyageur sur un total de 37€ payé par l'ensemble des financeurs. Le rôle de la collectivité n'est pas de financer une partie du voyage d'un touriste souhaitant se rendre aux JO de Londres.» Et s'interroge: «Est-ce le rôle des collectivités territoriales de financer ce type de projet après tant d'échecs sans conduire d'abord une réflexion stratégique menée sur la complémentarité de l'aéroport de Marcé avec Nantes-Atlantique? Pourquoi s'entêter à jouer tout seul et perdre plutôt que de s'inscrire dans une démarche régionale?»
Réservations ouvertes
Toujours est-il qu'à partir du 29mai et jusqu'au 30octobre, trois rotations hebdomadaires, les mardis, jeudis et samedi, seront opérées par la compagnie BA Cityflyer, filiale de Bristish Airways, à bord d'appareils Embraer 170 d'une capacité de 76 sièges. Pour un tarif à partir de 78 € taxes comprises l'aller simple. Les billets sont d'ores et déjà en vente sur le site de la compagnie (www.ba.com) ou en agences de voyages. La prolongation de la liaison cet hiver et la fréquence des vols devraient dépendre des résultats enregistrés au cours des premiers mois de fonctionnement, les contrats se négociant généralement d'une saison sur l'autre dans le milieu aérien. Cette nouvelle arrivée sur le tarmac angevin pourrait-elle en précéder d'autres? Daniel Loiseau indique que «des négociations sont en cours avec une autre compagnie». Sans en dévoiler plus pour le moment.
Transports
La compagnie Bristish Airways, via sa filiale BA Cityflyer, lance une liaison régulière saisonnière entre Angers et Londres. Le conseil général a décidé de ne pas suivre le soutien financier qui accompagne la création de la ligne.