Alors que les anti-aéroport manifesteront de nouveau à Nantes ce 22 février, Alain Mustière a choisi d'autres moyens pour défendre la construction de la plate-forme de Notre-Dame-des-Landes. L'ancien patron du groupe automobile Mustière, ancien président de la CCI, du Ceser et du Centre des jeunes dirigeants de Nantes, a encore de l'énergie à revendre. À 69 ans, à l'âge de profiter de ses petits-enfants, le président de la société de capital-risque Bamboo a choisi de se lancer dans un combat très exposé, celui consistant à défendre le transfert de l'aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes. Pour cela, fin 2012, le Nantais relance une association.
4.000 adhérents revendiqués
Rebaptisée Des Ailes pour l'Ouest, celle-ci revendique 4.000 adhérents, chefs d'entreprise, mais aussi cadres, employés, ouvriers, étudiants, chômeurs ou retraités. Derrière le préfet, les représentants de l'État assurent que le chantier va démarrer cette année. Mais cela n'empêche pas certaines voix de douter de la faisabilité de la plate-forme aéroportuaire. « Tant que le chantier n'a pas démarré, on peut toujours se demander si l'aéroport va se faire », confiait même récemment au Journal des entreprises Bernard Théret, ancien patron d'ETPO, membre de la concession pilotée par Vinci.
Il veut faire partir les « zadistes »
Dans ce contexte incertain, des Ailes pour l'Ouest vient de lancer une nouvelle campagne de lobbying. Si l'association demande aux candidats aux prochaines élections municipales de prendre position sur le dossier, son initiative la plus originale - et la plus malicieuse - est sans conteste le lancement d'une pétition sur son site internet réclamant l'évacuation de la ZAD, la zone d'aménagement différé, où doit se construire la plate-forme aéroportuaire. Rebaptisée zone à défendre par les opposants, cette terre bocagère serait actuellement occupée illégalement par deux cents « zadistes », selon une estimation de la préfecture de Loire-Atlantique. « Il faut que les zadistes partent du terrain et que le droit revienne », clame Alain Mustière. Le Nantais assure appuyer par cette initiative une demande de Jean-Paul Naud, maire de Notre-Dame-des-Landes... qui est opposé au transfert de l'aéroport. Lors d'une réunion à la préfecture, le 13 décembre dernier, l'élu aurait demandé le départ des zadistes. « Je lui ai dit : je vous soutiens », raconte Alain Mustière. Ce soutien prend aujourd'hui la forme d'une pétition qui n'a pas reçu l'approbation de Jean-Paul Naud. Et pour cause : le maire de Notre-Dame-des-Landes n'a pas été tenu informé de l'initiative des pro-aéroports.
1.300 signatures
Pour Alain Mustière, l'essentiel est ailleurs. La pétition est une façon « de condamner la violence » d'une partie des opposants au futur aéroport. Et de s'assurer du soutien de l'opinion publique à un moment clé. Dix jours après son lancement, la pétition aurait recueilli 1.300 signatures, selon l'association nantaise.
Renvendiquant 4.000 adhérents, l'association pro-aéroport Des Ailes pour l'Ouest lance une pétition demandant le départ des « zadistes ».