Ce sont quelques petites lignes, dans l'accord national interprofessionnel (ANI) sur la sécurisation de l'emploi signé le 11 janvier par les partenaires sociaux, qui prévoient la mise en place d'une mutuelle obligatoire pour tous les salariés : avant le 1er juillet 2014 dans le cadre de négociation au niveau des branches, soit, à défaut d'accord de branche, dans le cadre d'un accord d'entreprise. S'il n'existe aucun accord de branche ou d'entreprise au 1er juillet 2016, une mutuelle devra obligatoirement être mise en place, et devra couvrir un panier de soin minimum, comprenant notamment 100 % de la base de remboursement des consultations, le forfait journalier hospitalier ou encore un forfait optique de 100€ par an. L'employeur sera tenu de prendre à sa charge 50 % du coût.
Glissement vers le collectif
« C'est un texte qui va amener un surcroît d'activité, dans un contexte de concurrence féroce, mais qui est plutôt une opportunité », concède Gilles Stradella, directeur général délégué d'Acoris Mutuelles. Actuellement, l'activité de la mutuelle, dont le siège est basé à Nancy, se répartit environ entre un tiers pour les salariés individuels, un tiers pour les indépendants et un tiers pour le collectif.
Solution pertinente
« Le marché ne va doubler de volume. Ce qui va se produire, c'est un glissement de notre activité sur l'individuel vers le collectif », précise Gilles Stradella. « Pour nous, ce sera l'occasion de casser les frontières entre ces métiers. Concrètement, quand aujourd'hui nous nous occupons d'un patron de TPE ou d'un artisan, il faudra aussi demain être capable de s'occuper de ses salariés ». Des formations pour les équipes commerciales ont déjà été mises en place, mais la discrétion reste absolue sur l'arme commerciale principale : le contrat. « Notre objectif est tout d'abord de mettre en place une solution pertinente pour le chef d'entreprise et de faciliter la compréhension afin que la négociation se passe bien et dans des délais courts », dévoile Gilles Stradella. Pour les équipes de la mutuelle, la principale inconnue reste le comportement des entreprises : « D'après les informations dont nous disposons, il semble bien que les deux tiers des entreprises lorraines sont décidés à attendre la date butoir de 2016 », affirme le directeur général délégué. Le tissu économique lorrain étant composé dans sa très grande majorité de TPE et de PME, dans le contexte actuel, la priorité n'est pas de « mettre en place de type de contrat. D'autant plus qu'il va représenter un surcoût pour l'entreprise », précise Gilles Stradella. Si en 2010, les statistiques indiquaient que 95 % de la population française disposait d'une complémentaire santé, Gilles Stradella estime que cette généralisation de la couverture permettra « une meilleure dilution du risque, donc une baisse du coût du risque ». Pour l'instant, la communication de la mutuelle insiste sur la responsabilisation de l'adhérent : « Nous voulons mettre l'accent sur la prévention afin d'aller à une meilleure utilisation du régime de base et de la complémentaire ». Pour Gilles Stradella, cette généralisation de la complémentaire santé ouvre la porte à d'autres évolutions : « Ce texte sécurise la vie du salarié, mais se pose la question de la généralisation pour d'autres périodes de la vie ». Etudiants, chômeurs et retraités restent confrontés aux contrats individuels : « Mais mutualiser, c'est tirer le coût des risques vers le bas », affirme Gilles Stradella.
Acoris Mutuelles
(Nancy) Effectif : 188 CA 2012 : 90 M€ Adhérents : 140.000