«Acquérir un avion en pleine propriété ne se justifie que si l'avion atteint son point mort, qui est d'environ 600heures de vol par an selon le type d appareil», explique François-Xavier Clerc, P-dg d'Aéroaffaires, une compagnie née en 1991. «C'est Alexandre Couvelaire, un des précurseurs de l'avion d'affaires en France, qui a défini le concept de location partagée à la création de la compagnie Euralair en 1964. Société qui a permis à plusieurs entreprises françaises de pouvoir disposer d'un avion d'affaires pour se déplacer très rapidement sans contrainte sur plusieurs terrains non accessibles à l'aviation commerciale», poursuit-il.
Vitesse et repos
Le mode de fonctionnement de cette société est simple: les réservations sont faites au moins 24heures avant le vol soit par téléphone, soit par mail. Un plan de vol est ensuite envoyé en quelques minutes au client. Les avantages proposés par l'aviation d'affaires, quelle que soit sa forme (avion ou hélicoptère): arriver à destination dans les temps, reposé, préparé à la journée qui s'annonce. Dans le domaine de l'acquisition partagée, la plus-value se situe au niveau du partage des coûts de maintenance selon un prorata d'heures utilisées par chaque propriétaire de l'appareil. «Avec la possibilité de mettre en gestion de flotte l'appareil, souligne François-Xavier Clerc. Ce qui permet de récupérer la TVA et d'amortir l'avion. Avec un partage des coûts avec la compagnie qui propose en échange un tarif préférentiel à la mission de la location d'un équipage professionnel et peut également utiliser l'appareil quand ce dernier n'est pas réservé par les propriétaires.»
Les inconvénients de la multipropriété
Les inconvénients relèvent de la notion même de multipropriété: gestion de la priorité des vols entre plusieurs propriétaires souhaitant voler le même jour, conflits éventuels entre actionnaires sur le partage des coûts de maintenance... Et les frais de management de l'avion en facturé aux clients. Le coût de ce service est variable selon les compagnies et peut osciller mensuellement entre 5.000 et 15.000euros, voire plus, selon le type d'avion. Le marché de l'aviation-partagée est dominée par Netjets qui propose l'acquisition d'heures de vol et l'achat de quotes-parts d'avion. Très présent aux États-Unis où, compte tenu des distances, l'avion est utilisé comme le train en Europe, l'aviation-partagée gagne le Vieux Continent sans pouvoir prétendre à un marché aussi soutenu.
Posséder en propre un avion ou un hélicoptère reste l'apanage de quelques grandes sociétés. Mais d'autres solutions existent comme l'acquisition partagée, une alternative adaptée aux entreprises dont les impératifs de déplacements sont spécifiques.