44Solar : 2,5 millions d'euros de contrats pour la start-up du photovoltaïque
# Industrie # Création d'entreprise

44Solar : 2,5 millions d'euros de contrats pour la start-up du photovoltaïque

Fabriquer des machines qui permettent de mettre au point et de produire des panneaux photovoltaïques utilisant un composant plus économique. C'est le métier de la start-up nantaise 44Solar, qui décroche, quatre mois après sa création, près de 2,5M€ de contrats.

Les couches minces vont-elles devenir des composants de poids sur le marché de l'électricité solaire? Fort de 25 ans de travail sur ces revêtements dont l'épaisseur est de quelques micro-mètres, le Franco-américain John Kessler, professeur depuis six ans à l'université de Nantes, fait partie de ceux qui y croient. À tel point qu'il a décidé de mener de front professorat et création d'entreprise. En septembre dernier, il lance donc à Nantes la start-up 44Solar, en se basant sur un constat simple. Aujourd'hui, entre 90 et 95% de la production mondiale de panneaux photovoltaïques repose sur l'utilisation du silicium purifié. Un composant dont le prix explose. «Jusqu'à maintenant, l'industrie photovoltaïque récupérait les rejets de silicium purifié des fabricants électroniques. Mais avec le développement de l'énergie solaire, les besoins et la tension sur les prix augmentent», explique John Kessler. Ainsi, il faudrait débourser aujourd'hui plusieurs centaines de dollars pour un kilo de silicium purifié, contre quelques dizaines en 2002!




Actionnaires étrangers

Du coup, 44Solar propose aux industriels du photovoltaïque de se tourner vers les couche-minces, plus économiques, qui permettent également de produire des panneaux solaires. Et elle développe à leur intention des machines sur mesure, qui leur permettent de tester, voire d'industrialiser, des panneaux utilisant ces revêtements. Outre John Kessler, qui assure la gestion et la R&D de la société, 44Solar s'appuie sur trois autres actionnaires: le Coréen Maxwell Choi, de l'entreprise asiatique VTC, et les Allemands Martin Bresch et Daniel Kohn, de la société MacroTech, basée Outre-Rhin. «Nos sociétés ont des relations de sous-traitance: VTC construit des machines vides, que l'on peut comparer à une "coque" de navire, Macrotech installe "l'accastillage", c'est-à-dire les logiciels et autres fibres, et nous, nous nous assurons que les process fonctionnentet débouchent sur un résultat de qualité», résume John Kessler. Le modèle semble séduire: forte de seulement deux salariés, 44Solar vient de décrocher deux premiers contrats, pour une valeur globale avoisinant les 2,5M€. Et la société a pris en location des locaux de 1.000m² pour appuyer son activité. Objectif: dégager au moins deux fois plus de revenus en 2010, sans jamais perdre de vue la cohésion de l'entreprise. «Ma volonté est de faire rester 44Solar à Nantes et de préserver son indépendance. Les actionnaires se sont engagés à ne pas céder plus de 40% du capital d'ici à cinq ans», souligne John Kessler, qui nourrit de forts espoirs de développement. Selon ses projections, les couches minces pourraient peser pour 20 et 25% de la production mondiale de panneau photovoltaïque dès 2012. Le soleil pourrait donc bien briller pour 44Solar, qui espère déjà réaliser des embauches dès cette année.

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