16 000 nouveaux jobs créés sur un an
# Ressources humaines

16 000 nouveaux jobs créés sur un an

Après trois années atones, le nombre d'emplois a augmenté de 1,6% entre les printemps 2015 et 2016. Ce qui représente 16 000 jobs supplémentaires en Pays de la Loire. L'indicateur invite à l'optimisme. Pas d'euphorie pour autant : la moitié des postes reste sous contrat d'intérim...

En un an, 16.000 jobs supplémentaires ont été créés dans la région. Tel est le bilan dressé par l’Urssaf, qui liste l’essentiel des ouvertures d’emplois, en comparant le deuxième trimestre 2016 à la même période en 2015. Une bonne nouvelle, après trois années atones.

La création d’emplois s’accélère

Démarrée en 2015, la croissance de l’emploi s’est accélérée au premier semestre 2016. Sur les trois premiers mois de l’année, les Pays de la Loire ont même affiché la plus belle progression de France (+0,8%), devant les régions Paca et Occitanie. «Pour retrouver une hausse égale ou supérieure à 0,8%, il fallait remonter au premier trimestre 2011, puis à l’an 2000, met en perspective Élodie Simonneau, responsable du secteur statistiques à l’Urssaf Pays de la Loire. Cette hausse a été confortée au deuxième trimestre avec un +0,3%, alors qu’on aurait pu s’attendre à un contrecoup, c’est-à-dire à une stabilisation ou à une baisse…»

L’intérim bientôt converti en job durable ?

Cet indicateur doit être manié avec précaution : le chiffre mélange contrats à temps pleins et partiels. Théoriquement, rien n’interdirait par exemple que, derrière une augmentation du nombre de jobs, se cache une augmentation de l’emploi précaire. Enfin, si les chiffres de l’Urssaf couvrent la majorité de l’emploi salarié (à 80%), l’agriculture et certaines administrations publiques restent exclues du bilan.
Mais le grand bémol vient surtout des contrats intérimaires : 8 000 des 16 000 nouveaux jobs ! Contre 8.400 CDD et CDI signés par ailleurs… À la base, ça reste une bonne nouvelle – l’intérim régional a crû chaque mois pendant plus de 18 mois sur la période 2015-2016*- le recours au travail temporaire préfigurant généralement un redémarrage de l’économie. Reste que cette bonne dynamique se convertit encore assez peu en création d’emplois plus durables… **

Pourquoi ? Notamment parce que décimé par la crise de 2008, le volume d’intérimaires employés dans les entreprises n’a pas encore fini de se reconstituer. Fort d’environ 56.000 travailleurs temporaires recensés dans la région en 2007, ce volume a chuté à 35.500 lors du creux de 2009, avant de remonter à 51.000 jobs mi-2016, puis de poursuivre son essor… «On se rapproche du niveau d’avant-crise, ce qui s’avère prometteur pour l’emploi durable. Reste à attendre la fin 2016 pour savoir si la tendance se maintient. Puis, si les entreprises font le pas ou bien si elles restent frileuses et continuent à miser sur l’intérim», analyse Elodie Simonneau. Indicateur phare, le taux de chômage de référence (catégorie A) s’est replié à 8,4% dans la région au deuxième trimestre, retrouvant ainsi son niveau de fin 2012. À fin septembre 2016, le nombre de demandeurs d’emplois de catégorie A (sans aucune activité) a diminué de 3,9% sur un an, la baisse bénéficiant à tous les départements. Preuve toutefois que du chemin reste à faire : en réunissant les chômeurs n’ayant aucune activité et ceux ayant eu une activité partielle (catégories A, B et C, soit plus de 313.000 personnes concernées), leur nombre a augmenté sur un an (+0,3%). À noter que l’évolution de la population active, l’arrivée de travailleurs d’autres régions,etc., a peut-être aussi réduit l’impact des nouveaux contrats de travail sur le chômage.

Soleil à Nantes et Ancenis

Autre interrogation, l’embellie profitent-elles à tous les territoires ? À lui seul, le bassin d’emploi nantais (statistiquement plus large que la métropole de Nantes) a concentré pas moins de 7.000 créations d’emplois supplémentaires ! Ancenis a construit 600 nouveaux emplois. Challans, Les Sables d'Olonne ou la ville de Mayenne progressent aussi.
La Loire-Atlantique a connu une croissance de +2,5% du nombre de jobs existants sur un an. Derrière, suivent la Vendée (+2,1%), la Mayenne (+1%) et le Maine-et-Loire (+0,7%). Quant à la Sarthe, elle affiche un score de 0%. Via un autre mode de calcul, l’Insee conclut, lui, à une légère éclaircie (avec +0,6% sur un an). Ce département reste cependant en queue de peloton des deux classements.

Le boom de l’hôtellerie-restauration

Qui recrute ? L’appétit en main d’œuvre provient surtout du tertiaire. La branche «hôtels, cafés et restaurants (HCR)» croît de +4,2% sur un an, soit 1.800 créations d’emplois (sur les 45.000 du secteur), sans compter le recours à l’intérim. « Ce secteur a retrouvé son niveau d’avant-crise début 2010 et se porte très bien depuis 2015 », note la statisticienne Elodie Simonneau. Le commerce (+0,7%) s’en tire au global. Tandis que l’industrie et le bâtiment ont réussi à se stabiliser entre la fin 2015 et le printemps 2016.

Recrutement en recherche et développement

Quid des métiers les plus recherchés ? Les besoins en main-d’œuvre durable identifiés par Pôle emploi (étude BMO) concernent pêle-mêle : les agents d’entretien, aides à domicile, aides-soignants, employés de cuisine, serveurs de cafés, ouvriers non qualifiés pour l’agro-alimentaire, manutentionnaires, commerciaux, métiers de l’animation socioculturelle, ingénieurs et cadres en R & D et informatique… Côté cadres, catégorie moins couverte par Pôle Emploi, une enquête de l’Apec prévoyait une hausse des recrutements cette année.

Le top 5 cibles recherchées : les spécialistes de l’informatique (24% des intentions de recrutement), les commerciaux (18%), les pros en étude ou R & D (17%), les métiers de la finance et administratifs. Retrouver la R & D en haut de tableau n’est pas anodin. «Cela montre que les entreprises ont des projets, estimait il y a quelques mois Michèle Sallembien, déléguée de l’Apec pour les Pays de la Loire. Après, il faut que cela se confirme…»

*en évolution annuelle, c’est-à-dire en comparant un mois donné au même mois de l’année précédente.
**La durée moyenne d’une mission d’intérim était de 8,5 jours en 2014.

# Ressources humaines