Haut-Rhin

Textile

Hydra Beauty & Clean relocalise sa production de nappe de coton

Par Charlotte Stiévenard, le 07 juillet 2021

Grâce à un investissement de cinq millions d’euros, le fabricant haut-rhinois d’articles d’hygiène Hydra Beauty & Clean veut relocaliser la production de nappe de coton sur son site de Moosch. Elle était réalisée par son actionnaire polonais, EcoWipes, depuis 2017.

Jean-Luc-Thiery est le PDG d’Hydra Beauty & Clean à Moosch, dans le Haut-Rhin.
Jean-Luc-Thiery est le PDG d’Hydra Beauty & Clean à Moosch, dans le Haut-Rhin. — Photo : Charlotte Stiévenard

Le fabricant d’articles d’hygiène Hydra Beauty & Clean (CA 2020 : 19 M€, 80 collaborateurs) investit cinq millions d’euros à Moosch, dans le Haut-Rhin. Une nouvelle ligne de production doit lui permettre de relancer la fabrication de nappe de coton qui lui sert à fabriquer des cotons à démaquiller, des lingettes cosmétiques et pour bébé ou encore des bâtonnets ouatés grâce à ses 14 machines de découpe. Les travaux ont débuté au printemps 2021 et la mise en service est prévue pour la fin de l’année. "Cet investissement faisait partie du projet de reprise du site", explique Jean-Luc Thiery, le PDG, arrivé au poste de directeur du site en 2018.

Deux ans pour redémarrer l’usine

En 2011, Hydra Beauty & Clean -qui se nommait alors Hydra Cosmétics- est propriété de Philippe Legrand. Lorsqu’elle est rachetée en 2017, par Gabriel Kermiche, un entrepreneur franco-polonais (80 % des parts) et son groupe EcoWipes (20 % des parts), basé en Pologne et spécialisé dans la production de lingettes humides, l’entreprise est mal en point et le repreneur n'a pas l'autorisation d'exploiter certaines machines à moins d'investir dans de nouvelles. "Le tribunal avait prononcé une interdiction concernant la reprise du blanchiment du coton et la fabrication de la nappe de coton en raison de la vétusté des machines", précise Jean-Luc Thiery. L’usine alsacienne se fournit alors en nappe de coton produite par EcoWipes, pour continuer à réaliser ses produits habituels, en attendant de pouvoir investir dans les machines. "Nous avons redémarré l’usine de Moosch pendant deux ans, en remettant d’abord les machines de découpe aux normes. Nous avons pu reconquérir un carnet de commandes", raconte Jean-Luc Thiery qui indique que, si la situation est encore fragile, "de 2018 à 2020, nous sommes passés de 40 à 80 salariés et de 8 à 19 millions d’euros de chiffre d’affaires".

Convaincre les investisseurs

Lorsqu’il a été question de reprendre la production de nappe de coton, il a été difficile de convaincre les banques françaises de soutenir le projet. Gabriel Kermiche s’est alors tourné vers les banques polonaises, frileuses elles aussi, jusqu’à l’arrivée du plan de relance. Pour cet investissement, la société bénéficie d’un soutien de 650 000 euros du Fonds d’accélération des investissements industriels, dans le cadre du plan France Relance et de 300 000 euros de la Région Grand Est au titre du programme Grand Est compétitivité. "Cette aide a décidé les banques polonaises à nous suivre", explique le PDG.

Ainsi, alors qu’EcoWipes comptait deux lignes de nappage et cherchait de la place pour en installer une troisième, c’est Hydra Beauty & Clean, en France et non pas le site polonais qui a donc été choisi. "Nous sommes convaincus qu’il y a un marché sur le made in France, justifie Jean-Luc Thiery. C’est la seule solution pour rendre la société viable. L’autre solution aurait été d’augmenter les prix, mais avec la grande distribution ce n’est pas possible".

La nouvelle ligne de production doit permettre d’éviter le déplacement de cinq camions par jour entre la Pologne et la France. De plus, elle va permettre d’utiliser 50 % de produits chimiques et d’eau en moins. "Normalement, les différentes usines mouillent et sèchent le coton à chaque étape, lors du blanchiment et lors de la fabrication de la nappe. Cette ligne fait tout en une seule étape", détaille le PDG qui veut renforcer également la fabrication de coton non blanchi et bio, qui représente déjà 50 % de la production. "Avec le coton non-blanchi, le made in France, les réseaux spécialisés bio et la fabrication de la nappe sur le site nous serons en mesure d’envisager l’avenir plus sereinement", justifie Jean-Luc Thiery qui veut diversifier sa clientèle en se tournant de façon plus prononcée vers ces secteurs.

De la nappe de coton made in France

À l'heure actuelle, la société réalise 73,14 % de son chiffre d'affaires grâce aux grandes et moyennes surfaces, 22,37 % grâce aux réseaux spécialisés et 4,49 % par le biais des ventes diverses via le site et autres clients particuliers. La société tire 7,5 % de son chiffre d'affaires de sa propre marque bio Bocoton, commercialisée en GMS et réseaux spécialisés. Hydra Beauty & Clean exporte 10 % de sa production vers l'Allemagne, la Corée, le Vietnam, la Belgique et le Luxembourg.

Cet investissement est le second réalisé par la société en 2021. En avril 2021, Hydra Beauty & Clean a réhabilité un bâtiment dédié à la logistique qui permettait de stocker jusqu’à 2 000 palettes au sol. La capacité est toujours identique mais le stockage se fait désormais en hauteur. "La communauté de communes de la vallée de Saint-Amarin a avancé l’argent des travaux qui sera récupéré sous forme de loyer en fin de bail", explique Jean-Luc Thiery. Celui-ci est prévu jusqu’en 2037. L’investissement s’est élevé à 300 000 euros et les travaux ont eu lieu entre janvier et avril 2021.

Jean-Luc-Thiery est le PDG d’Hydra Beauty & Clean à Moosch, dans le Haut-Rhin.
Jean-Luc-Thiery est le PDG d’Hydra Beauty & Clean à Moosch, dans le Haut-Rhin. — Photo : Charlotte Stiévenard

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