Bernard Stalter : Le philanthrope

Par Julie Giorgi, le 04 décembre 2009

Bernard Stalter cumule les responsabilités dans l'économie alsacienne tout en restant chef d'entreprise et coiffeur. Homme de dialogue et de terrain, il demeure profondément ancré dans son temps et dans son territoire.
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Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Impossible de rater ou d'oublier ces moustaches. De belles bacchantes blanches volumineuses, bien peignées et un brin excentriques, qui donnent au personnage un côté très avenant et sympathique. Bernard Stalter les porte depuis longtemps par souci d'esthétisme et surtout de convivialité. L'homme se classe dans la catégorie des bons vivants, des optimistes et des généreux. «On ne peut pas être coiffeur sans aimer les gens», déclare-t-il. Rien ne lui plaît davantage que le contact humain et le fait de voir sortir de ses salons des personnes «rayonnantes» et revigorées. Pour toutes ces raisons et parce qu'il était en «rupture scolaire» (et non en échec, précise-t-il), Bernard Stalter a choisi de s'orienter vers le métier de coiffeur. Il a effectué son apprentissage dès l'âge de 14 ans et a ouvert son premier salon en 1993. Aujourd'hui, il en possède trois, à Brumath et Strasbourg.




Multiples responsabilités

Il est particulièrement fier de ce parcours professionnel car il ne possédait aucun membre de sa famille dans le milieu. «Je suis également fier des personnes qui m'ont aidé et qui m'ont fait confiance. Maintenant, c'est à moi de rendre service», souligne-t-il. Un engagement qu'il concrétise en défendant avec énergie les causes qui lui sont chères. Et elles sont nombreuses. De fait, Bernard Stalter cumule les responsabilités. Il est président de la Chambre des métiers d'Alsace, président du Conseil économique et social d'Alsace (Cesa), conseiller technique auprès de la CCI de Strasbourg, président de l'Union régionale de la coiffure d'Alsace et vice-président de la Fédération nationale de la coiffure française, chargé de la communication et des relations consulaires et européennes. De quoi donner le tournis et laisser perplexes les personnes dites «débordées». «La passion fait qu'on trouve du temps. Ce n'est jamais un problème de temps. Il y a tellement de choses à faire. L'économie a besoin de gens qui donnent de leur temps. Pour nos enfants, il faut préparer le mieux possible l'économie de demain», soutient Bernard Stalter.




«Des preuves d'amour, c'est mieux»

Armé de ses convictions, il oeuvre pour l'économie alsacienne et pour l'artisanat. Il souhaite «remettre l'artisanat dans le monde économique à la place qui lui revient». Selon lui, l'artisanat n'est pas assez reconnu ni représenté dans les institutions politiques régionales et nationales. «Tous les responsables politiques sont favorables à l'artisanat. Mais de l'amour c'est bien, des preuves d'amour c'est mieux. Même si on dit qu'il s'agit de la première entreprise d'Alsace, elle n'est pas reconnue comme telle», regrette le président de la Chambre des métiers. Et l'homme possède d'autant plus de crédibilité qu'il continue à exercer son métier de coiffeur deux fois par semaine. «Je serais frustré si je ne pouvais pas le faire. Je pense qu'il est important de rester en contact avec les gens qu'on représente», observe-t-il. Bernard Stalter ne conçoit pas d'assumer ses responsabilités cloîtré dans son bureau, déconnecté de la réalité. Dans son salon de coiffure à Brumath, il «entend» et il «écoute» ce que dit le «citoyen», et il essaie ensuite de «porter ses messages».




Confronter sa vision à celle des autres

C'est par cette même démarche de dialogue et d'ouverture que l'homme est devenu président du Cesa. «Au Cesa, mon rôle est de prendre de la hauteur. Cela me permet de confronter ma vision avec celle du monde syndical, du monde associatif... Être ainsi à l'écoute de tous est bénéfique pour mon entreprise et pour la Chambre des métiers», assure Bernard Stalter. Le dialogue est son maître mot, l'assurance de trouver «toujours une solution».

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