E-commerce

Porté par la crise sanitaire, l'e-commerce pèse désormais 14 % des ventes en France

Par Stéphane Vandangeon, le 03 février 2022

La France compte désormais 41,8 millions de cyberacheteurs. Avec une forte progression de l’utilisation du mobile et du marché de la seconde main, le commerce en ligne représente désormais 14 % de la consommation en France et devrait atteindre les 20 % en 2030.

L’an passé, 41,8 millions de Français ont dépensé 129 milliards d’euros en ligne.
L’an passé, 41,8 millions de Français ont dépensé 129 milliards d’euros en ligne. — Photo : dusanpetkovic1

Les Français n’ont jamais autant acheté sur internet. Après l’envolée des cyberachats en 2020 du fait de la crise sanitaire, l’e-commerce continue sa progression en 2021. Certes, la croissance est moins marquée que l’année précédente. Mais une chose est sûre : les habitudes prises dans la contrainte, entre confinements et fermeture forcée des commerces non essentiels, sont désormais bien ancrées dans les mœurs.

129 milliards d’euros dépensés sur le web

L’an passé, 41,8 millions de Français ont dépensé 129 milliards d’euros en ligne, estime la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad). Un chiffre en progression de 15 % sur un an. Les ventes de produits sont en hausse de 7 %, celles de services bondissent de 24 %, grâce à la recrudescence des ventes de séjours de loisirs et de billets de transport.

"L’e-commerce représente 14,1 % des ventes de détails en France", indique Marc Lolivier, délégué général de la Fevad. Avant le déclenchement de l’épidémie, la part de marché de la vente en ligne se limitait à 10 %. Aujourd’hui, 80 % des internautes français de 11 ans et plus achètent sur internet…

40 000 nouveaux sites marchands en deux ans

Si les Français passent commande de plus en plus fréquemment sur le web – une fois par semaine pour un panier moyen de 60 euros -, c’est aussi parce que les entreprises investissent massivement dans les sites marchands. En 2021, leur nombre a progressé de 11 % en France. Ce qui fait que, depuis le début de la crise sanitaire, l’offre a progressé de 20 % et pas moins de 40 000 nouveaux sites ont vu le jour. Le coronavirus a accéléré de façon spectaculaire la digitalisation des commerces, ce qui profite avant tout aux enseignes disposant de points de vente physiques. Elles enregistrent des taux de croissance six fois supérieurs à ceux des pure players, note la Fevad.

Pour tenter de détrôner les leaders d’un marché tricolore dominé par Amazon (37 millions de visiteurs uniques par mois au dernier trimestre 2021 selon Médiamétrie), devant Le Bon Coin (27 millions), Cdiscount (23 millions), la Fnac (19 millions) et Vinted (17 millions), les entreprises ne doivent pas perdre de l’esprit trois grandes tendances.

La montée en puissance de la seconde main

Il leur faudra d’abord de plus en plus adapter leur offre au mobile. Les Français utilisent en effet de plus en plus leur téléphone pour faire leurs emplettes (+16 points en 2021). Mais l’ordinateur, bien qu’en décroissance (-11 points), continue d’avoir leur préférence. Ensuite, un e-commerçant devra tout miser sur la sécurité de son site, tant au niveau de la protection des données personnelles de ses clients que de la transaction. C’est la première attente des acheteurs, selon une récente enquête de Médiamétrie. Loin devant la clarté de l’offre, la gratuité de leur livraison ou la mise en avant d’arguments RSE.

Enfin, les entreprises qui veulent percer en ligne peuvent surfer sur la vague de la seconde main, qui "s’impose comme un phénomène d’ampleur", constate Xavier Lemuet, directeur chez Médiamétrie. 80 % des cyberacheteurs (principalement des femmes, des jeunes et des CSP-) ont déjà acquis ou vendu des produits déjà utilisés. Cette tendance, qui fait le fonds de commerce de sites comme Le Bon Coin ou Vinted, "va certainement durer", indique-t-on à la Fevad. Tout comme la poussée généralisée du e-commerce, dont la part de marché devrait atteindre la barre des 20 % en 2030.

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