Isère

Industrie

NHIC acquiert le site de General Electric Energy à Chonas-l'Amballan

Par Audrey Henrion, le 01 décembre 2021

L’entreprise presque centenaire Novat & Bey, acquise par General Electric Energy en 2008, revient dans le giron de la famille Novat via la holding NHIC, qui élargit les fonctions de production de turbines en un centre innovant dédié à l’industrie lourde et à la production de pièces mécaniques.

La société de Mathieu Novat, NHIC, vient d’acquérir auprès de General Electric Energy l’atelier de production de Chonas-l’Amballan, en vente depuis 2019.
La société de Mathieu Novat, NHIC, vient d’acquérir auprès de General Electric Energy l’atelier de production de Chonas-l’Amballan, en vente depuis 2019. — Photo : NHIC

L’annonce de la cession du plus petit des sites détenus en France par General Electric (GE) Energy en 2019 avait saisi d’effroi les autorités locales, y voyant le spectre de la désindustrialisation. Mais après trois ans d’attente, les 19 salariés encore présents ont de quoi être soulagés. L’atelier de fabrication de turbines à gaz de Chonas-l’Amballan (Isère), acheté en 2008 à l’entreprise familiale Novat & Bey par General Electric Energy, et donc cédé par celui-ci depuis 2019, revient dans le giron de la famille Novat. "Nous avons été choisis pour notre projet industriel qui reprend l’intégralité de l’équipe", expose Mathieu Novat, arrière-petit-fils du fondateur de l’usine.

Un centre technique unique en France

À la tête de la société NHIC (2 salariés, CA : NC), fondée en 2010 et spécialisée dans le conseil et la vente de machines-outils, le dirigeant compte investir 10 millions d’euros dans cette opération. Avec une différence notable : Mathieu Novat ne se contente pas de poursuivre une activité de production, mais ouvrira un espace de 4 000 m² multi-service dédié au secteur de l’usinage de très grandes dimensions et à la vente de machines-outils. "Un site unique en France," assure le dirigeant, qui arpente le globe depuis 20 ans, se revendiquant conseiller de clients tels que Safran, Nexter, Airbus ou Naval Group.

Ce NHIC Technical Center proposera un éventail de services. De la R & D, pour mettre au point de nouveaux outils coupants et de nouveaux processus d’usinage en collaboration avec les carburiers, concepteurs et fabricants d’outils spéciaux. Des espaces ouverts aux clients pour tester de nouvelles machines-outils, couplés à une prestation pour développer des processus d’usinage inédits, ou les améliorer. Sans oublier une brique "formation" pour répondre aux besoins de main-d’œuvre. Ce centre technique unique en France proposera aussi une prestation d’installation de machines, dont certaines peuvent peser jusqu’à 1 000 tonnes : études et réalisations des fondations, en passant par le transport et le déchargement des machines jusqu’à leur mise en route.

"Notre Technical Center sera aussi un lieu d'échange et de rencontres"

Enfin, le site accueillera de la sous-traitante d’usinage pour des pièces XXL. "J’ai identifié un marché avec des demandes sur de grosses pièces de 120 voire 150 tonnes. Ces pièces hors normes faites en Espagne, Italie et Portugal pourraient être réalisées dans notre atelier", souligne le dirigeant, qui anticipe un chiffre d’affaires compris entre 2,5 et 3 millions d’euros en 2022.

Une offre "inédite" promet le dirigeant, qui décrit une concurrence atone, avec des ateliers anciens et peu connectés. "Notre Technical Center sera aussi un lieu d’échange et de rencontres pour des industriels qui ont besoin de se parler et de se connaître pour avancer".

De nouveaux secteurs en ligne de mire

En signant l’acquisition (montant non communiqué) le 1er décembre, NHIC récupère aussi un contrat de sous-traitance avec GE. Dégressif sur trois ans, il assurera à l’entreprise un chiffre d’affaires et des heures de production de pièces unitaires d’une très grande précision. "Certaines pièces exigent jusqu’à 1 500 heures d’usinage," souligne le dirigeant soucieux de montrer la haute technicité déployée ici.


L’atelier de Chonas-l’Amballan produisait jusqu’ici des rotors et des corps de turbine destinés à l’industrie navale. Cet outil revient dans le giron de NHIC pour se déployer aussi dans la défense, le transport et le nucléaire, filière récemment remise dans l’air du temps par Emmanuel Macron. "On parle du déclin de l’industrie française, or elle est encore là, il faut se battre pour la maintenir et croire en elle," enjoint le dirigeant.

La société de Mathieu Novat, NHIC, vient d’acquérir auprès de General Electric Energy l’atelier de production de Chonas-l’Amballan, en vente depuis 2019.
La société de Mathieu Novat, NHIC, vient d’acquérir auprès de General Electric Energy l’atelier de production de Chonas-l’Amballan, en vente depuis 2019. — Photo : NHIC

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