Allier

Industrie

Témoignage Comment 13 salariés de 2MI ont repris leur entreprise en difficulté

Par Julie Van Ossel, le 22 avril 2021

Dans l’Allier, l’entreprise spécialisée dans l’outillage automobile et aéronautique 2MI, placée en redressement judiciaire, a été reprise en 2019 par treize de ses salariés. Deux ans plus tard, l’équipe de repreneurs reste soudée et confiante malgré la crise.

En avril 2019, 13 des 49 salariés de l’entreprise décident de la reprendre en Scop.
En avril 2019, 13 des 49 salariés de l’entreprise décident de la reprendre en Scop. — Photo : 2MI

Cédric Bonnefoy, travaille chez 2MI (Modèles et Moules pour l’Industrie) à Lavault-Sainte-Anne (Allier) depuis 24 ans. "J’ai été embauché avec un BTS outillage en poche puis j’ai gravi les échelons jusqu’à devenir responsable de production." Depuis le rachat de l’entreprise en Scop (société coopérative et participative) le 19 avril 2019, il en est devenu directeur : "il faut bien que quelqu’un prenne les décisions au quotidien mais je suis un référent, pas un chef. Pour les grands choix stratégiques, la règle est claire : un associé, une voix ".

13 associés

2MI était à l’origine une entreprise familiale, fondée en 1948 à Montluçon, puis rachetée en 1979 par Daniel Oger qui l’a dirigée jusqu’à sa retraite, en 2007. Sept ans plus tard, le chiffre d’affaires de la société revendue à un fonds d’investissement, atteint 10 millions d’euros. En 2014 2MI est cédée à nouveau à un autre groupe financier. "La nouvelle direction voulait faire toujours plus. Nous avons vu le nombre d’heures de travail, de sous-traitants et d’intérimaires se multiplier. Les surcoûts n’étaient pas maîtrisés, nous allions droit dans le mur", se souvient Cédric Bonnefoy. En 2018, pour compenser les pertes, 2MI augmente ses prix. "Plusieurs de nos clients se sont alors tournés vers la concurrence, moins chère". Quelques mois plus tard, 50 % des salariés se retrouvent au chômage partiel et en janvier 2019, l’entreprise est placée en redressement judiciaire. Sur les conseils de LGB, l’un de leurs sous-traitants racheté deux ans plus tôt par ses salariés, Cédric Bonnefoy contacte l’Union régionale des scop, puis avec deux de ses collègues ils présentent leur projet de reprise aux 49 autres salariés. Dix d’entre eux décident de les rejoindre dans l’aventure. "Nous leur avons proposé d’investir à hauteur de trois fois leur salaire net".

Le retour des clients

En un mois, les futurs associés lèvent 650 000 euros (270 000 euros pour le rachat et 350 000 euros de fonds de roulement) auprès de banques et d’organismes d’aide aux Scop. Leur projet : repartir avec 18 salariés et un objectif de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires en un an. "Il y avait face à nous, deux autres offres. Nous avons défendu notre projet devant le juge-commissaire. Jusqu’au bout, l’issue était incertaine." Après le rachat, les 13 associés ont vu tous les anciens clients revenir et en ont convaincu de nouveaux. Mais depuis le premier confinement, l’entreprise fait face à un nouveau défi, les secteurs de l’aéronautique et de l’automobile étant parmi les plus touchés par la crise. "Nous avons encore quelques commandes en cours mais pour la suite, nous sommes face à une page blanche", explique Cédric Bonnefoy. 50 % des effectifs sont toujours au chômage partiel. L’objectif de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires a bien été atteint mais en 18 mois au lieu de 12. "Ce n’est pas idéal mais nous avons réussi à relever la barre, malgré la tempête et à nous maintenir. L’objectif aujourd’hui c’est de garder la tête hors de l’eau jusqu’à ce que l’activité reparte".

En avril 2019, 13 des 49 salariés de l’entreprise décident de la reprendre en Scop.
En avril 2019, 13 des 49 salariés de l’entreprise décident de la reprendre en Scop. — Photo : 2MI

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