Dotée de la plus vaste zone franche urbaine (ZFU) de France- 660ha-, Toulouse ne pouvait pas rester spectatrice du débat qui grossit à l'approche du 31 décembre 2011. C'est en effet à cette date que le dispositif, en vigueur depuis le 1er janvier 2004, est censé prendre fin. Une échéance certes annoncée mais que les collectivités, associations et entreprises concernées sont bien décidées à repousser. Chefs de file du mouvement «Ensemble pour l'avenir de la ZFU», la communauté urbaine de Marseille Provence Métropole et la Fédération nationale des associations d'entrepreneurs des zones urbaines sensibles (FNAE-ZUS) ont obtenu une première victoire cet été. Le ministre de la Ville, Maurice Leroy, a en effet annoncé qu'il faisait siennes les propositions du rapport sur l'avenir des zones franches urbaines et qu'«elles feront l'objet d'un examen attentif dans le cadre de la réflexion interministérielle qui est actuellement conduite.» Concrètement, si la prorogation du dispositif jusqu'au 31décembre 2014 est en bonne voie, des sources d'inquiétudes subsistent.
Une nouvelle clause«contre-productive»
Parmi elles: la probable modification de la clause d'embauche de salariés issus des zones urbaines sensibles afin que ceux-ci constituent la moitié des emplois en ZFU, et non plus le tiers. Une incitation supplémentaire qui risque, selon les défenseurs du dispositif, de «se révéler contre-productive en imposant aux employeurs trop de contraintes à l'embauche et en constituant de fait un frein à l'emploi.» Signataire de la déclaration commune pour la prorogation des ZFU depuis la mi-septembre, la Ville de Toulouse met en avant un bilan local positif «Nous sommes favorables à la prorogation mais aurions aimé profiter de l'occasion pour faire un vrai bilan du dispositif, remettre les choses à plat voire modifier quelques dispositions», souligne Thierry Cotelle. L'adjoint au maire de Toulouse, en charge du développement économique, juge par exemple que le périmètre de la ZFU de Toulouse pourrait être revu pour mettre l'accent sur des quartiers tels que la Reynerie, Bagatelle, ou le Mirail- qui font aussi partie du Grand Projet de Ville- puisque sur Bordelongue et la route d'Espagne, «le dispositif a joué à plein», selon lui.
Diversifier l'activité
À Bordelongue justement, des voix s'élèvent contre une offre tertiaire surabondante, en décalage avec la demande des entreprises de ZFU (87% de TPE). «Sur cette zone, on pâtit un peu de la politique de nos prédécesseurs, estime Thierry Cotelle. Néanmoins, nous avons relancé une étude pour essayer de désenclaver le quartier avec une bretelle de raccordement au périphérique intérieur. Nous incitons aussi des entreprises de production à venir s'y installer, pour diversifier l'activité. Cela porte ses fruits puisque la serrurerie Jara va y emménager prochainement.» Au 30 juin, la ZFU toulousaine recensait 5.390 embauches (dont 32% de résidants ZUS) et 3.414 implantations d'entreprises depuis 2004, mais aussi 1.801 cessations et 431 transferts hors ZFU.
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