Guy Rouas est directeur adjoint à la direction interrégionale des Voies navigables de France. Selon lui, le développement du transport fluvial et multimodal en Alsace passe par la création de nouvelles plateformes multimodales.
Quels sont les avantages du transport fluvial par rapport aux autres modes de transports?
Les atouts du transport fluvial sont la sécurité, la fiabilité et la fluidité. Il permet de pénétrer les secteurs urbains plus facilement que par la route, sans problèmes de saturation. C'est un mode de transport économe en énergie. Et aujourd'hui, il n'est plus réservé qu'à un seul type de marchandises. Avec la conteneurisation, on peut tout transporter.
Le transport fluvial est-il seulement pertinent sur les grandes distances?
Non, certaines logiques sur des petites distances peuvent être intéressantes. Les voies d'eau peuvent être utilisées à la place ou en complément du routier. On s'aperçoit d'ailleurs aujourd'hui que les entreprises diversifient leurs transports car elles ne veulent plus être dépendantes d'un seul mode de transport.
Le transport fluvial régional a-t-il été touché par la crise économique?
Oui, mais il a été moins touché que les autres modes de transport. En 2009, malgré la crise, nous sommes parvenus à limiter les dégâts. Le port de Strasbourg par exemple a enregistré une hausse de 1,7% sur le trafic conteneur.
Comment expliquez-vous cette relative bonne tenue des ports alsaciens?
Tout d'abord, le transport ferroviaire a connu un déclin important. Et puis on observe que le fluvial répond bien aux attentes des chargeurs. Nous avons aussi amélioré notre offre de service en restaurant les infrastructures, en augmentant les plages horaires. Cela nous a permis de conquérir de nouveaux clients.
Que pèse l'offre de transport intermodal en Alsace?
L'offre est grandissante. Le port d'Ottmarsheim s'est équipé d'un second portique et, à Strasbourg, un portique supplémentaire est en construction. Par rapport à d'autres régions, nous sommes plutôt bien équipés. Mais si nous avons des parts de marché à gagner, c'est sur le multimodal car il touche tout type d'entreprises.
Comment développer davantage le transport intermodal et multimodal en Alsace?
En développant la création de nouvelles plateformes multimodales. Nous devons mettre en place des noeuds intermodaux près des zones d'activités. Alors qu'auparavant, on raisonnait en grandes zones, aujourd'hui, la tendance est d'aller davantage vers des zones plus petites et mieux réparties sur le territoire. Nous devons multiplier les points de chargement au plus près des zones d'activités pour décongestionner l'accès routier. Il faut faire preuve d'innovation dans les chaînes logistiques.
Existe-t-il des projets de ce type en Alsace?
Oui, nous sommes en réflexion avec la communauté urbaine de Strasbourg pour construire une plateforme à Vendenheim consacrée au transport des déchets par conteneurs. Il s'agit d'amener les déchets du nord de la Cus à l'usine d'incinération, qui se trouve au sud-est. Le projet se trouve dans la phase d'étude de faisabilité. L'objectif est qu'il soit opérationnel d'ici à la fin 2013. Nous sommes aussi en discussion avec RFF pour le transport des matériaux de construction de la LGV entre Saverne et Strasbourg.