C'est une figure locale qui passe la main. À Fontenay-le-Comte, Jean-Michel Poupeau, est connu pour avoir fondé Horoquartz avec son épouse en 1972 (aujourd'hui 390 salariés dont 125 en Vendée), éditeur de logiciels de gestion de temps, revendu en 1999. Il l'est aussi pour avoir créé dans la foulée Horanet, PME d'aujourd'hui 49 salariés qui conçoit des systèmes associant bornes de contrôle d'accès et logiciels.
À Nantes par exemple, Horanet gère l'accès à 80 bâtiments publics et piscines (billetterie incluse).
Rênes confiées à un directoire
Son patron a choisi une transmission interne, à la fois collégiale et familiale. Toute une équipe va rentrer au capital. « J'ai mis en place un directoire informel, dont les membres prendront la suite », expose Jean-Michel Poupeau. Parmi eux, figure le futur numéro 1 d'Horanet, Damien Dufour, 43 ans, déjà responsable de la R & D, des aspects technologiques, managériaux et financiers.
Ayant auparavant travaillé comme directeur d'équipes de développement de systèmes de gestion de temps chez GFI dans les Deux-Sèvres, c'est en fait un ancien cadre d'Horanet. Arrivé à la direction opérationnelle en janvier 2015, il a ensuite suivi un master de direction de PME en alternance, à l'Institut français de gestion de Paris.
Complètent le directoire Didier Bouju, responsable commercial, Fabienne Trehin (la fille de Jean-Michel Poupeau) en charge des parties financières et comptables et Sylvie Bonneau, l'assistante de direction, qui pilotera les RH. Le fondateur reste président du conseil de surveillance.
À terme, ce fonctionnement sera traduit dans les statuts. Jean-Michel Poupeau et sa famille conserveront la majorité du capital. « Je voulais absolument éviter que l'entreprise soit délocalisée », explique-t-il. À 68 ans, il a déjà fait valoir droits à la retraite depuis longtemps. Son départ coïncide avec l'arrivée à maturité de son projet d'entreprise, après plus de 10 ans d'études.
Passer au stade industriel
« Il faut passer au stade industriel, de la PME à l'ETI, et ça, je ne sais pas faire. Je suis un créateur et un chercheur, j'arrive dans ma zone d'incompétence », lâche le fondateur d'Horanet. Objectif : « atteindre les 70 salariés et 7 à 8 millions d'euros de chiffre d'affaires d'ici cinq ans », indique Damien Dufour.
Service public dématérialisé
Maturité, car la PME voit un vaste marché s'ouvrir devant elle avec la dématérialisation des services publics. « On va principalement investir dans notre carte de vie quotidienne », annonce Damien Dufour. Via celle-ci, l'usager peut réserver un ticket de piscines ou un court de tennis, gérer et payer la restauration scolaire et l'accueil en crèche de ses enfants, l'accès aux déchetteries... Juste en se connectant sur le site web de sa ville avec son ordinateur, sa tablette, son smartphone ; avec en poche la carte d'accès aux sites, fournie par Horanet.
Récemment, la communauté de communes de Parthenay (79) a opté pour ce système. Le regroupement des collectivités suite à la loi « NOTRe », leur besoin récent de réaliser des économies ou d'avoir un guichet unique pour leurs services, devrait accentuer la demande de carte de vie quotidienne... Que les Fontenaisiens avaient lancé un peu trop tôt, avant d'en payer les conséquences.
Un dépôt de bilan en 2005 avait ensuite fait fondre Horanet de 80 à 35 salariés. « On a failli mourir », rappelle Jean-Michel Poupeau. Tout un symbole, le plan de redressement de l'entreprise vient de s'achever en février. La PME a retrouvé des couleurs. Depuis deux ans, elle affiche 10 % de rentabilité, avec « environ 500.000 euros de résultat net en 2015 ».