Usinage industriel : Attractivité en berne
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Usinage industriel : Attractivité en berne

Dans le Morbihan, la pénurie de main d'oeuvre en usinage et outillage industriel est criante. Si les formations existent, elles peinent également à recruter des jeunes. Faute d'attractivité de la filière, des entreprises et des métiers.

À l'heure où Peugeot-PSA resserre l'étau autour de ses équipes, d'autres entreprises peinent à recruter pour répondre à leurs marchés. «Sur 100 offres d'emploi déposées, 95 ne trouvent même pas de candidats», révèle Guillaume Dilas, secrétaire général de l'UIMM 56-35. Chaque année, ce sont 20 jeunes techniciens usinages qui sortent de la formation Bac Pro du lycée Saint-Joseph à Lorient. À peine la moitié des besoins des entreprises industrielles morbihannaises. Le déficit de main-d'oeuvre qualifiée dans le domaine de l'outillage et l'usinage par commandes numériques est tel que l'UIMM est entrée dans l'action. Une convention a été établie avec le rectorat pour mettre en avant la formation et les perspectives d'emploi dans toute la Bretagne. Un programme d'actions pour la rentrée 2012 doit bientôt être mis en place. «Pour dix places offertes en centre de formation, seulement deux candidats se présentent», explique Guillaume Dilas. «Du coup, l'industriel n'a même pas la possibilité de choisir les meilleurs.» En cause: un manque d'attractivité de la filière et de connaissance des métiers de l'usinage.




Problème d'image

«Les jeunes se font une image négative de ces métiers. L'idée d'un atelier sombre, poussiéreux et bruyant», intervient Cédric Leclerc, chef de travaux au lycée Saint-Joseph, responsable de la formation usinage et outillage. Pourtant les 400m² de plateau technique du lycée n'ont pas à rougir. Refait à neuf il y a quatre ans, il possède les mêmes machines performantes qu'en entreprise. «Le métier est méconnu ou carrément inconnu des jeunes», observe Guillaume Dilas. «Or il est responsabilisant et valorisant. L'opérateur en commandes numériques est en effet responsable de sa machine et de son approvisionnement.» Et la concrétisation d'un projet conçu et développé de A à Z en atelier crée également une certaine fierté dans l'esprit des jeunes en formation. Capables d'usiner des pièces en PVC, en métal, en bois, en carton... Et de réaliser des produits de consommation courante, comme ce bouchon en aluminium doté d'un joint torique, ainsi que des pièces en série ou des machines pour l'industrie, l'agroalimentaire ou l'automobile.




Possibilités d'évolutions

Sur le marché de l'emploi, les techniciens usinage sont en position de force. Ce sont eux qui choisissent les entreprises dans lesquelles ils vont travailler. «L'intégration en entreprise est garantie», assure Cédric Leclerc. «Si l'emploi démarre au SMIC, les possibilités d'évolutions existent vraiment», poursuit Guillaume Dilas. Le problème est qu'il faut quatre à cinq ans pour former un bon usineur. Un véritable investissement pour l'entreprise et le technicien. «Quand on s'engage dans cette voie professionnelle, il faut être sûr de soi». À Lorient, les partenariats avec des industriels tels que DCNS, Guelt, Le Béon Manufacturing, Copex, Kantemir et Armor Mécanique, apportent aux jeunes des stages et des perspectives d'emplois sérieux. À l'Est du département, Hydraumatec à Ploërmel, OTS à Malestroit, AUS à Sérent font partie des entreprises qui peinent à recruter depuis plus d'un an. Aux côtés des Aciéries de Ploërmel qui ont même eu recours à l'embauche d'une dizaine de salariés polonais à une époque. «Mais depuis l'essor économique de la Pologne, cela devient plus difficile. Il y a suffisamment de travail pour eux là-bas», intervient Alain Sabourin, P-dg, en recherche de deux à trois techniciens usinage.




Des formations en octobre

Alors, les difficultés à recruter persistent. Outre la formation initiale, l'UIMM tente de recourir à d'autres solutions: l'apprentissage ou la formation pour adultes. «Nous travaillons avec le conseil Régional, Pôle Emploi, l'AFPA et le Greta pour proposer des formations rapides à des demandeurs d'emploi», indique-t-il. La Direccte, Pôle Emploi et les Maisons de l'emploi de Vannes et Ploërmel viennent de lancer un appel d'offres pour trouver le prestataire d'une action collective de formation et de recrutement en usinage pour dix personnes sur le bassin de Ploërmel. «La formation démarrera mi octobre en contrat de professionnalisation. Ensuite, cela débouchera sur des CDI», précise Guillaume Dilas.

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