Uship : Tirer les voiles vers l'Europe
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Uship : Tirer les voiles vers l'Europe

Né à Vannes il y a 25 ans, Uship, réseau aujourd'hui numéro un en France d'accastilleurs, se donne pour mission de devenir leader européen. Pour Hervé Cuvelier, le P-dg, la crise est une source d'opportunités à saisir. Violaine Pondard

Des projets d'implantations en Europe du Nord, du Sud et de l'Est sont en cours chez Uship, bien que les magasins d'accastillages espagnols du réseau souffrent plus que les français de la crise internationale. Ces futurs sites, où la plaisance est en plein essor, restent stratégiques. Uship, shipchandler numéro un français, ambitionne d'ailleurs de devenir leader européen dans les années à venir. Pour le réseau, l'objectif est de «rester performant, compétitif et amener vers nous de nouveaux fournisseurs», explique Hervé Cuvelier, P-dg. «Nous devons nous préparer à contrer une concurrence américaine, qui profite d'un faible dollar pour s'implanter en Europe. Uship doit se construire un réseau fort et dense en Europe.»




Vaisseau amiral

Aujourd'hui, le réseau français compte 79 enseignes, approvisionnées depuis le vaisseau amiral ancré à Plougoumelen. 150 fournisseurs, Navimo en tête, alimentent les stocks. La centrale d'achat, qui possède une plateforme de stockage de 1.600m², se trouve aujourd'hui à l'étroit. Des extensions sont impossibles, en raison des terrains protégés environnants. Hervé Cuvelier est à la recherche d'un terrain ou d'un bâtiment, toujours sur le pays de Vannes, pour un déménagement en 2010. «Notre réseau nous demande de plus en plus de stocker les produits, ce qui facilite la gestion et l'approvisionnement», note le P-dg. En 24 à 48heures, l'ensemble du réseau peut être livré. Plus difficile, en revanche, de fournir aussi rapidement le nouveau site de Pointe-à-Pitre, qui a ouvert le 19décembre dernier. Premier magasin implanté dans les Dom-Tom. Hervé Cuvelier espère bien en ouvrir un second, en Martinique, d'ici à deux ans.




Signes encourageants

Présent sur l'ensemble du littoral français, de Dunkerque à Porto Vecchio, le réseau de shipchandlers Uship s'est bâti, depuis Vannes en 1983, la place de numéro un en France dans la vente des accessoires de bateaux à voiles ou à moteurs. Un marché de niche, qui, en ces temps de tempêtes économiques, devrait s'en sortir un peu mieux que le reste de l'activité nautique. «L'activité "d'after market" bénéficie de l'effet crise», observe Hervé Cuvelier. «Le renouvellement et la vente de bateaux neufs, elle, souffre. Du coup, les plaisanciers entretiennent plus, et font davantage appel à nos services.» Malgré quatre millions de plaisanciers, la place de leader européen en construction de bateaux de plaisance, et celle de numéro deux mondial, le manque de places dans les 500 ports du littoral bloque le développement de la filière nautique dans l'hexagone. «Le gouvernement français est conscient du problème d'aménagement des ports», explique Hervé Cuvelier. «Jean-Louis Borloo, ministre de l'Écologie, a lancé un appel à projets de solutions innovantes pour l'aménagement des ports, avec dépôt des dossiers courant février. C'est un signe positif pour la plaisance.» Une main tendue sur laquelle mise toute une filière, dont fait partie Uship. «Des nouvelles comme celles-ci peuvent rétablir la confiance pour que le marché reparte aussitôt», note le P-dg. «Sur un marché de niche, notre crainte est de voir fragilisées des TPE et des PME. Un tel retournement peut générer la disparition d'entreprises et de savoirs faires difficilement remplaçables.»




Groupement solidaire

Depuis l'arrivée d'Hervé Cuvelier à la barre d'Uship en 2004, le réseau est passé «du stade artisanal à un mode de distribution moderne et dynamique», souligne le P-dg. Ancien dirigeant de sociétés de télésurveillance, à Vannes, Lorient et La Baule, revendues au groupe Tchubb, Hervé Cuvelier a investi sa mise dans le rachat d'Uship. Alliant ainsi ses deux passions, l'entreprise et le nautisme.






Recrutés sur le modèle du parrainage ou de la cooptation, les dirigeants des magasins Uship en France constituent un groupement solidaire. Des réunions régionales, sessions de formations et congrès annuels permettent de prendre des décisions de manière mutualiste, pour faire avancer la stratégie du groupe. D'ailleurs, Hervé Cuvelier en profite aussi pour veiller sur la santé financière de son réseau. «Nous savons que l'année 2009 va être difficile. Avec une activité saisonnière comme la nôtre, il se peut qu'il y ait des tensions de trésorerie. Nous essayons d'anticiper au maximum», conclut-il.

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