UREI : «Les entreprises d'insertion sont chahutées»
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UREI : «Les entreprises d'insertion sont chahutées»

L'assemblée générale de l'Union régionale des entreprises d'insertion (UREI) des Pays de la Loire s'est tenue enjuin. L'occasion de rappeler le rôle économique et social de ces entreprises particulières, mais aussi d'évoquer leurs difficultés.

L'UREI des Pays de Loire, représente un nombre croissant d'entreprises d'insertion (EI) et d'entreprises de travail temporaire d'insertion (ETTI). 60% des 80 EI des Pays de Loire de divers secteurs d'activité sont adhérentes, avec un ancrage fort dans la gestion de l'environnement.




Un surcoût

Créées il y a 25 ans, les EI sont des acteurs du secteur concurrentiel marchand à part entière. Soumises aux mêmes règles et obligations, mais avec, outre leur finalité économique, une mission sociale qui justifie une contribution de l'État: l'emploi des salariés en insertion agréés par Pôle emploi, pour les ramener après 24 mois maximum vers l'emploi durable. «La contrainte d'embauche d'un public éloigné de l'emploi et le turn-over lié à la durée du contrat impliquent un surcoût (déficit de productivité, formation, accompagnement socioprofessionnel)», explique Damien Thieffry, directeur d'Espace 72, entreprise de propreté près duMans. Ce surcoût est en partie compensé par une aide de l'État de 9.681€ par an et par poste d'insertion conventionné. Le président de l'UREI, André Talaszka, insiste sur «la nécessité de faire de ces EI un support d'intégration, qui est un excellent sas pour le recrutement des entreprises». L'avis est partagé par le président du Medef 72, Samuel Chevallier, qui souhaite «favoriser des relations de partenariat avec les entreprises classiques». Il y voit aussi «une source de réduction des charges pour la collectivité» par les coûts évités (RSA, CMU, indemnisation...).




Pérennité menacée

Cependant «les EI sont chahutées notamment par l'afflux de demandes liées à la crise et les suites du Grenelle de l'insertion de mai2008: un conventionnement complexifié par le financement Fonds social européen (FSE), frein au développement et à la création des EI et l'étude d'un nouveau modèle de financement, forfaitaire et modulable», rappelle André Talaszka. Pour les EI, cette réforme, en phase d'expérimentation depuis début 2010, retarde la revalorisation de l'aide au poste sans laquelle leur activité est menacée. Alors que le Smic a augmenté de 41% en dix ans, l'aide stagne et ne permet plus de couvrir les coûts d'accompagnement des publics éloignés de l'emploi, au risque de voir décliner les EI qui rognent sur leurs marges. «Pour certaines, cette aide est passée de 25% à 14% du chiffre d'affaires», confie Damien Thieffry. Aussi, demandent-elles, outre une gestion moins bureaucratique, une juste rétribution de leur prestation d'accompagnement, estimée par l'écart de productivité avec les entreprises classiques du même secteur soit 12.500€ contre 9.681€. Au total, cela correspond à 42M€ supplémentaires pour les 15.000 postes ouverts. À la clé, un potentiel de 50.000 postes d'ici trois à cinq ans.




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