Un hélicoptère, des camions de franchissement, une base vie... La centrale de Cattenom (1 500 salariés) a vécu en pleine catastrophe environnementale de type séisme ou inondation, durant une semaine, du 15 au 19 mai dernier. La Force d'action rapide du nucléaire (FARN) a en effet réalisé son deuxième exercice sur place. « Sa création a été voulue après l'accident de Fukushima », explique Pierre Eymond, directeur de la FARN. « Nous sommes aujourd'hui 300 collaborateurs a en faire partie. Nous disposons de quatre bases régionales (centrales nucléaires de Civaux, Dampierre, Bugey et Paluel). Elle rassemble des salariés d'EDF et d'anciens militaires ou évoluant dans les métiers de la sécurité civile. Tous travaillent à mi-temps pour la FARN et sur des postes opérationnels. » Le but de la FARN est d'intervenir en 24h. « Nous sommes opérationnels en 12h. Nos objectifs sont d'intervenir dans les domaines de la conduite, de la maintenance et de la logistique sur un site en situation d'accident pour retrouver les moyens en eau, air et électricité en moins de 24 heures », ajoute Pierre Eymond.
Des situations « hautement improbables »
Pour éviter de reproduire les erreurs réalisées lors de la catastrophe de Fukushima, les équipes d'EDF sont formées pour pouvoir réinjecter de l'eau et de l'électricité dans les réacteurs présents sur les centrales (au nombre de quatre à Cattenom). « Mais nous avons également réalisé l'exercice à la centrale de Gravelines dans le Nord, qui possède six réacteurs. » Le premier exercice avait été réalisé en décembre 2015 à Cattenom. « Nous réalisons des exercices tous les deux mois sur l'ensemble des installations françaises », précise le directeur de la FARN. Pour Thierry Rosso, directeur du CNPE de Cattenom, l'objectif de cette semaine d'exercices est « de tester la collaboration entre la FARN et nos équipes, ainsi que de maintenir les compétences des équipiers ». Les hypothèses d'intervention de la FARN « couvrent des situations hautement improbables, qui vont bien au-delà des hypothèses prises en compte dès la conception des sites avec des facteurs aggravants », a rassuré Pierre Eymond.