Un mois vu par Pierre-Yves Gomez

Un mois vu par Pierre-Yves Gomez

ÉconomisteProfesseur à EM Lyon Président de la Société française de management Directeur de l'Institut français de gouvernement des entreprises/EM Lyon ParcoursNé le 15 mars 1960 Auteur de nombreux ouvrages sur le management Contribue au débat publicsur le gouvernement des entreprises

La gestion de la crise grecque. «La tragi-comédie qui s'est jouée autour de la tenue d'un référendum en Grèce confirme que l'Europe n'est pas un espace politique mais un espace technocratique. Demander au peuple de s'engager était maladroit de la part de Papandréou. Mais c'était nécessaire pour faire cohésion. Or, cette évidence semblait aussi en dehors des critères de pensée des politiques européens. Cela est inquiétant. C'est comme s'ils croyaient que l'on peut faire vivre l'Europe sans ses peuples... Au-delà de l'Europe, il faut nous interroger sur l'incapacité à sortir d'un modèle en crise tant que ce sont les mêmes élites qui ont conduit l'économie dans cette crise, qui sera chargée... de nous en sortir.»




Les entreprises ont pris la main.

«Par une série de rencontres récentes, j'ai été frappé par le décalage entre les techniciens qui font la politique et ceux qui travaillent dans les entreprises pour changer de modèle. Je constate que, par endroit, les grandes entreprises pensent déjà à l'après-crise. Elles ont au moins cinq ans d'avance sur les politiques. Une fois de plus, et c'est une théorie que je défends depuis des années, les entreprises orientent la société. Si l'on veut savoir comment notre société va se tirer de la dépression économique dans laquelle nous sommes entrés, il faut observer ce qu'il se passe d'innovant dans les entreprises. Et notamment la manière dont on commence à repenser le rôle du travail dans la création de valeur. La définanciarisation a commencé. C'est une métamorphose passionnante à observer.»




Libérer la créativité des étudiants.

«En tant que professeur de stratégie, je participe à la formation des dirigeants de demain. Notre rôle est de les accompagner à imaginer leur travail à des postes de direction dans 10 ou 20 ans. C'est pourquoi il faut les former à l'ouverture d'esprit, à l'étonnement, à l'analyse critique. Ils vont vivre une transformation très importante de la société. Il faut libérer leur créativité et leur capacité de jugement pour aller explorer les lieux d'innovation sociale dans l'entreprise. Ce sont les jeunes qui vont réaliser ce qu'il y aura de mieux demain.»