Les économies d'énergies sont bonnes pour la planète mais elles peuvent aussi booster la rentabilité des entreprises. C'est particulièrement vrai dans les secteur agricole et agroalimentaire. Et Terrena a bien saisi cet enjeu. Le groupe coopératif ancenien vient ainsi de lancer un projet d'efficacité énergétique. Un plan de de grande envergure puisque les cinq cents sites du groupe sont impliqués dans la démarche : des magasins Gamm vert, aux abattoirs, en passant par le stockage des céréales. Quatre pôle d'activités se sont d'emblée engagés dans ce process : la volaille avec Gastronome, la viande rouge avec Elivia, la meunerie avec Évélia et l'alimentation animale.
Pour les entreprises, + 25 % du coût de l'électricité
« Ces quatre activités pèsent 70 % des consommations d'énergie du groupe. Notre facture énergétique totale s'élève actuellement à 43 millions d'euros et nous savons qu'elle ne fera qu'augmenter d'ici cinq ans », indique Thierry Delalande, responsable du service patrimoine, environnement et risque industriel du groupe Terrena. Dans son rapport 2011-2012, la Commission de régulation de l'énergie prévoyait ainsi une hausse, sous cinq ans, de 25% du coût de l'électricité pour les professionnels. Pour Terrena, le calcul est simple. A ce rythme, si le groupe ne bouscule pas ses habitudes énergétiques, sa facture dépassera les 50 millions d'euros en 2017 !
L'équivalent de 40 à 50 % du résultat net
Dans ce contexte, « nous voulons anticiper et aller vite ! », assure Thierry Delalande. Pour cela, Terrena compte améliorer l'efficacité énergétique de ses sites, baisser les consommations et dépenser moins. L'enjeu est de taille. Terrena veut effacer d'ici à trois ans 10 % de sa facture énergétique. Cela représente de quatre à cinq millions d'euros d'économie, soit l'équivalent de 40 % à 50 % du résultat net du groupe. La preuve par l'exemple que la rentabilité économique d'un groupe agroalimentaire ne dépend pas uniquement du gain de parts de marché, mais aussi de sa stratégie environnementale et énergétique.
L'énergie fait désormais partie des achats
Pour Terrena, la première action a été d'intégrer un « homme énergie » ; Cédric Martin, détaché par Barrault Recherche, du groupe angevin Utilities Performance. Celui-ci est chargé d'animer le projet énergétique de Terrena. La première phase a été consacrée au « dépenser moins ». Elle a consisté à centraliser, catégoriser et renégocier les contrats énergie. Pour s'assurer d'acquérir les technologies les moins consommatrices, la politique d'investissement a donc été modifiée. « C'est un changement de culture ! Avant, dans nos achats, l'énergie n'était même pas spécifiée. Maintenant, elle l'est », note Thierry Delalande.
Un réseau interne de l'énergie
Ensuite, il a fallu poser les bases d'une organisation interne afin de relayer les enjeux terrains au niveau décisionnaire. Un réseau interne de quarante correspondants énergie a donc été constitué, ainsi que des groupes de pilotage sur les sites avec le pilote énergie, les responsables des services qualité, etc. En amont, chaque directeur de pôle a été sensibilisé à la démarche énergie. « De nombreux sites avaient déjà initié des démarches. D'autres ont lancés des audits énergie. Tous savent à peu près ce qu'il y a à faire. Mais pour passer de l'idée à l'action, il faut définir l'enjeu techniquement et financièrement. C'est le moyen de crédibiliser la démarche et de faciliter la prise de décision », souligne Cédric Martin.
Faible investissements et gains immédiats
Les actions rapides ont été la priorité. Pour preuve, ajuster les consignes de pression ou de température ne nécessitent aucun investissement et les gains sont immédiats. D'autres actions de plus grande envergure comme la récupération d'énergie sont à l'étude. Le groupe Terrena s'est lancé depuis plusieurs années dans ce qu'il a appeIé « l'agriculture écologiquement intensive ».
Terrena
(Ancenis)Dg : Maxime Vandoni4,4 milliards d'euros de CA12.046 salariés02 40 98 91 11