Témoignage d'entrepreneur : « J'ai rebondi après la disparition de mon principal marché »
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Témoignage d'entrepreneur : « J'ai rebondi après la disparition de mon principal marché »

Quand Karine Cotinier rejoint l'entreprise d'impression de son père en 1998, c'est une affaire florissante grâce à la production de cartes téléphoniques. Mais avec l'arrivée du téléphone portable, il lui faut rapidement se réinventer.

« L'entreprise d'impression Topgraphic a été créée par mon père en 1985. Je l'ai rejoint en 1998 pour dynamiser la partie commerciale, avant de prendre sa suite. Topgraphic a connu de belles années, notamment grâce aux très gros volumes de cartes téléphoniques. Pour répondre à la demande, nous avions investi dans une presse numérique en bobine, une énorme machine qui coûte 700.000 euros. La largeur des bobines était de 48 centimètres, nous faisions donc déjà des panneaux de décors panoramiques et de trompe l'oeil. À l'époque, il était à la mode de tapisser tout un pan de mur, avec par exemple un décor de forêt ou de skyline de gratte-ciel. »

Du papier peint pour relancer l'activité

« En 2008, avec le déclin important de l'utilisation des cartes téléphoniques, il était urgent de trouver un nouveau marché pour que cette machine ne reste pas immobilisée à perte. J'ai commencé à penser au papier peint, dont la largeur de lé est tout à fait adaptée à ce que notre machine pouvait faire. Vers 2012, nous avons commencé une phase assez longue de développement, car il fallait adapter les réglages de la machine et trouver le bon type de papier intissé qui devait être résistant au feu, aux tâches alimentaires, tout en permettant l'impression... Avec ce nouveau produit, nous visions carrément de nouveaux marchés. C'était un vrai défi. En septembre 2013, nous lançons notre marque Lé Papiers de Ninon. Nous vendons toujours des décors panoramiques, mais notre concept phare est le panneau individuel avec lé unique à 49,90 euros (3m X 48cm). L'idée est d'acheter un lé et de le poser seul, comme un accessoire de décoration ou un tableau. Pour concevoir nos collections, nous effectuons un gros travail de design et de personnalisation : on s'inspire de la mode, de l'art, des tendances déco... Nous avons des formes très graphiques, des styles baroques, des têtes d'animaux ou encore des lés fleuris, tout est possible ! »

Un pari gagnant

« Lorsque nous avons commencé à travailler sur cette idée, le papier peint n'était pas encore revenu à la mode. C'est vraiment un hasard heureux ! Pour ce concept de lé unique, je commence seulement, deux ans après le lancement, à avoir des concurrents. Pour le moment, nous travaillons en marque blanche pour plusieurs marques, comme Djeco ou Candide, des marques de jouets et de puériculture, ou bien Leroy Merlin, avec qui nous sommes en phase de test à Angers pour voir si nos produits correspondent à leur clientèle. Nous pouvons réaliser leurs designs ou bien leur proposer une gamme. Nos lés uniques sont également en vente dans des boutiques angevines, comme Carol's à Mûrs-Érigné ou N°4 à Angers. La vente en ligne fonctionne aussi plutôt bien. Le développement de cette partie de l'activité de Topgraphic est exponentiel. Pour la marque Lé Papiers de Ninon, nous sommes passés d'un chiffre d'affaires de 25.000 euros en 2013 à 215.000 euros en 2014. Ce qui représente aujourd'hui 12 % du chiffre d'affaires global de l'entreprise. On ne compte pas s'arrêter là, car la fabrication en grande série de papiers peints en France est très rare, donc nous avons encore de la latitude pour nous développer. »

Topgraphic
(Saint-Barthelemy-d'Anjou)

Dirigeante : Karine Cotinier

CA 2014 : 1,9 M€

18 salariés

02 41 60 06 06

www.topgraphic.fr

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