STX : Comment vivre sans MSC Croisières ?
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STX : Comment vivre sans MSC Croisières ?

Navale Client historique de STX, MSC Croisières fait une pause dans ses investissements. Devant composer avec un carnet de commandes quasiment vide, les chantiers nazairiens sont dans l'obligation de trouver de nouveaux marchés.

Quel avenir pour STX à Saint-Nazaire? La question est plus que jamais d'actualité alors que le carnet de commandes des chantiers nazairiens se réduit comme peau de chagrin et préfigure un très important creux de charge. Cette fois, la lumière ne viendra pas de MSC Croisières. En tous cas à court terme. L'armateur italo-suisse, principal client des chantiers depuis 2003 à qui il a confié la réalisation d'une douzaine de paquebots pour s'imposer sur le marché européen, semble devoir faire une pause dans ses investissements. «Après une croissance incroyable ces dernières années et une prévision de 1,6million de passagers en 2013, nous entrons dans une phase de consolidation de la capacité de notre flotte. Avec l'économie européenne, l'Euro, des banques qui ne prêtent plus, etc., le moment n'est pas facile. Le marché est très compétitif et nous sommes là pour être un leader européen», indiquait le mois dernier Pierfrancesco Vago, P-dg de MSC Croisières, au moment de la traditionnelle cérémonie des pièces soudées dans la coque du MSC Precioza. Ce paquebot, initialement commandé par la compagnie libyenne GNMTC avant d'être repris par MSC lors sa phase de construction, doit être livré en mars prochain à l'amateur italo-suisse. Après cette dernière livraison pour MSC, STX ne dispose plus que du Europa 2 à livrer pour Hapag Lloyd à la mi-2013 et de deux BPC (bâtiments militaires) pour la Russie à horizon 2014-2015.




Peu d'espoirs immédiats dans la croisière

Et le salut des chantiers nazairiens ne viendra pas des Américains de Norwegian Cruise Line qui viennent de retenir le chantier allemand Meyer Werft pour la réalisation d'un paquebot, plus une option pour un second. La situation devient donc évidemment critique pour les chantiers nazairiens dont la moitié des 2.000 salariés sont concernés depuis la rentrée par des mesures de chômage partiel. «Oui, il y a urgence à enregistrer des commandes. Notre activité commerciale se poursuit. Maintenant, ce n'est pas du côté de la croisière que nous avons nos plus grands espoirs car il y a un ralentissement de l'investissement dans ce secteur. Mais nous restons confiants. Il y aura encore des navires à construire de par le monde», positive Laurent Castaing, dg de STX France. Si les croisiéristes semblent devoir attendre avant de retrouver les chemins de Penhoët, STX lorgne de nouveaux marchés afin de pouvoir faire face à l'importante période de sous-charge qui se profile.




EMR et oil & gas

Les chantiers nazairiens mentionnent en particulier des opportunités dans le secteur de l'oil & gas et dans les énergies marines renouvelables (EMR). «Il y a beaucoup d'activité dans le domaine des EMR en Mer du Nord, notamment pour les jackets. Certains acteurs sont obligés de faire appel à de la sous-traitance pour y faire face. Nous sommes sollicités. Pour l'oil & gas, je souhaite rester discret car la construction navale mondiale subit une crise forte et tout le monde cherche à conquérir de nouveaux clients. Je peux juste dire que l'on se positionne sur de gros navires complexes», poursuit Laurent Castaing. Le secteur militaire ne semble pas devoir soulager STX dans l'immédiat. «En France, il n'y a rien à espérer au-delà de la loi de programmation militaire. On évoque des pétroliers ravitailleurs pour la Marine nationale, mais ce sera pour dans plusieurs années», souligne le directeur général des chantiers.




Chômage partiel

La prudence est également de mise concernant la réalisation de ferries pour le compte de la SNCM. «Nous sommes candidats mais ils restent des conditions à remplir», souffle Laurent Castaing. En attendant de décrocher une véritable commande salvatrice, et pour réduire au maximum les mesures de chômage partiel, STX est contraint de gagner de petits marchés dans le domaine de la chaudronnerie, pour d'autres chantiers navals et dans les EMR. Insuffisant cependant. «Malheureusement, il y aura encore des journées de chômage partiel car le délai de redémarrage des ateliers après une commande se compte en plusieurs mois», déplore le patron de STX France au moment d'annoncer 14.000 jours de sous-charge pour les trois prochains mois. Et le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, n'a pas franchement rassuré les syndicats le mois dernier lors d'une rencontre, la CFDT lui ayant demandé la mise en place d'un nouveau plan de formation exceptionnel pour les salariés. Dans ce contexte, STX ne peut même plus compter, dans l'immédiat en tous cas, sur le fameux projet Vista de MSC qui portait sur la réalisation de deux paquebots géants. «Vista reste un projet mais nous sommes toujours en réflexion. Il faut voir quel type de bateau nous voulons faire, pour quelle clientèle», note Erminio Eschena, directeur de MSC croisière France. Après dix ans de collaboration, STX doit donc apprendre à vivre sans le providentiel MSC.

STX France



(Saint-Nazaire) Dg: Laurent Castaing CA 2011: 736M€ 2.050 salariés 02 51 10 91 00

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