Le Stade Rennais s'offre une nouvelle orientation après sa défaite face à Guingamp en finale de la Coupe de France et une saison de Ligue 1 médiocre. C'est officiel depuis le 21 mai : la deuxième mandature de Frédéric de Saint-Sernin à la tête du Stade Rennais a pris fin. Président de décembre 2006 à juin 2010, avant de revenir en juin 2012, l'ex-conseiller de Jacques Chirac à l'Elysée n'a pas résisté à la volonté du clan Pinault d'offrir une nouvelle tête et image au club.
« Un Rennais »
C'est par un communiqué laconique de quelques lignes que le Stade Rennais FC a officialisé ce changement. Le scénario que nous pressentions s'est confirmé : René Ruello succède sans trop de surprise à Frédéric de Saint-Sernin. L'homme d'affaires rennais, banquier de formation et fondateur en 1985 de l'entreprise de panification Panavi à Torcé, à l'est de Rennes (revendue le 24 juillet 2008 au groupe belge Vandemoortele - 2.000 salariés, 307 M€ de CA à l'époque), revient donc au Stade Rennais. Il en a, en effet, déjà été le président de 1990 à 1998 et de 2000 à 2002. À 65 ans, reconverti dans l'immobilier mais encore présent dans la boulangerie-restauration (on retrouve son nom sous l'enseigne « 1863 » et celui de son fils Pierre Ruello, né en 1978, sous la société rennaise Franel créée en novembre 1987 pour porter de l'hôtellerie à Dinard), René Ruello entre, cette fois, au capital même du club de football aux côtés du clan Pinault représenté par sa holding Artémis.
Une « entrée progressive » au capital
Le détail des parts n'a pas été communiqué mais à Rennes, on parle d'une « entrée progressive »... Certains vont donc même jusqu'à évoquer un désengagement progressif de la famille Pinault, propriétaire unique du club depuis 1998, mais on voit mal les Pinault quitter la route de Lorient vu l'attachement et l'investissement (environ dix millions d'euros par an) à cette adresse.
Rumeurs et mouvements
Avant cette nomination, les rumeurs les plus folles couraient sur le nom du successeur de Frédéric de Saint-Sernin. Le profil identifié était celui d'un « Rennais », qui n'était toutefois pas Jacques Delanöe, ex-publiciste bien connu et chargé d'un audit en interne depuis 2012. Le nom de Louis Le Duff (nouveau sponsor de 2013 via son enseigne Del Arte) circulait aussi pour une entrée au capital, mais ce scénario ne s'est finalement pas avéré exact. Quant à Frédéric de Saint-Sernin, il devrait conserver son rôle de relations publiques au sein d'Artémis. D'autres mouvements se profileraient à d'autres étages du Stade Rennais.
Beaucoup voit en Ruello « un patron », le boss dont le Stade Rennais a besoin. De là à sonner la fin de l'ère Pinault, pourquoi pas aussi...
G.B. et D.T.
En nommant l'homme d'affaires rennais René Ruello à sa tête, le club de football s'assure une nouvelle image et un nouvel actionnaire, aux côtés du clan Pinault.