Un local est en cours de négociation sur la zone commerciale Atout Sud de Rezé. Le premier supermarché collaboratif et participatif nantais pourrait voir le jour en 2018. Ses créateurs viennent de lancer une campagne de crowdfunding. Ils espèrent récolter 30 000 euros. Pour le moment, plus de 1.200 foyers se sont engagés à devenir des clients-collaborateurs de ce supermarché. Les créateurs de Scopéli espèrent rassembler 3 000 personnes en tout avant la fin de l'année. On y retrouve des retraités, des étudiants, des familles, de tous les âges, de toutes les classes sociales. Tous ont un point commun : ils sont sensibles au bien manger et au circuit court. Des légumes aux produits hygiéniques, le supermarché s'attachera à proposer des produits locaux, bio si possible, qui assurent une juste rémunération aux producteurs.
"On peut se permettre beaucoup plus de choses qu'un supermarché classique qui cherche toujours la rentabilité "
Ces produits ne seront pas plus chers pour autant. Ils seraient même de 15 à 30% moins cher qu'en grande surface. Car dans ce supermarché participatif, il n'y a que des bénévoles. Ce sont les clients, eux-mêmes, les collaborateurs qui donnent trois heures de leur temps chaque mois à la caisse ou dans les rayons.
Les fondateurs de Scopéli dupliquent une formule qui marche déjà très bien depuis 40 ans à New York, qui est lancée depuis quelques semaines à Paris et qui essaime aussi à Bordeaux, Toulouse et Lille. « On a récupéré leur business plan et on va faire pareil », explique Frédéric Ratouit, l'un des cofondateurs de ce supermarché participatif. « Avec ce système on peut résoudre tout un tas de problèmes, poursuit-il. Une vacation pourra servir à aller livrer une vieille dame qui ne peut pas se déplacer, ou à proposer un service de garderie dans le supermarché. En clair, on peut se permettre beaucoup plus de choses qu'un supermarché classique qui cherche toujours la rentabilité », poursuit-il.
"On peut co-diriger"
À tour de rôle, les coopérateurs mettront les produits en rayon ou assureront la caisse, ou dirigeront même le magasin. « On prétend que l'on peut co-diriger. On veut démontrer que c'est possible. Les postes, même de direction seront tournants, précise Frédéric Ratouit. L'idée c'est de refaire la société au sens large, gérer ensemble quelque chose », explique le cofondateur du projet.