17.500 salariés dont 88 % en France, un chiffre d'affaires qui dépasse les 3 milliards d'euros pour la seconde année consécutive, le retour à la profitabilité du pôle traiteur, un résultat opérationnel de 153 millions d'euros qui dépasse pour la première fois les 5 % du CA contre 4 % l'année précédente... La présentation des résultats était plutôt facilitée pour son nouveau directeur financier, Laurent Raimbault. Il pouvait ainsi égrener d'autres bonnes nouvelles comme les 96,4 millions d'euros de résultat net part du groupe et de 201,7 millions d'euros de capacité d'autofinancement. Le groupe compte désormais 72 sites de production dont 65 en France, depuis la reprise des six sites de Glon Sanders et les deux sites en Pologne du volailler Drop ainsi qu'une usine d'aliments pour animaux. En dix ans, le chiffre d'affaires a été multiplié par 2, le résultat opérationnel courant par 2,4 et le taux de marge opérationnelle courante atteint 3,9 % en moyenne.
150 millions d'investissement en 2015
La volaille représente la majeure partie du chiffre d'affaires (2,3 milliards d'euros) suivie par le traiteur (500 millions d'euros) et l'international (200 millions d'euros). Pour Denis Lambert, la force des marques est un des points clé de la réussite du groupe avec les investissements en innovation, la R & D occupant 100 salariés du groupe, et dans les unités de production. Ainsi, en 10 ans, le groupe sarthois a investi 740 millions d'euros dont plus de 100 millions d'euros en investissements industriels en 2014. Plus de 150 millions d'euros sont d'ores et déjà programmés pour 2015, que ce soit dans les sites repris à Glon Sanders ou dans ses usines historiques comme celle de la Toque Angevine pour la ligne sandwich. 68 % des investissements iront à la volaille. « Notre capacité à innover est cruciale : un tiers de notre chiffre d'affaires est réalisé avec des produits qui n'existaient pas il y a cinq ans », précise Denis Lambert, le Pdg qui se félicite également de la progression de la notoriété des marques. Loué et Marie dépassent déjà 95 % de notoriété assistée, le Gaulois atteint 84 % quand Maître Coq, qui était aux environs de 40 % lors du rachat d'Arrivé il y a 4 ans, frôle désormais les 70 %. Les marques fortes permettent au groupe de faire mieux que le marché en volume (+2,2 % dans les GMS alors que la consommation ne progresse que de 0,8 %). Dans un contexte de matières premières plutôt favorable, l'exercice 2014-2015 s'est aussi caractérisé par un excellent second semestre, avec des fortes ventes à Noël et lors du nouvel an chinois, avec l'installation à cette occasion de la marque Tradition d'Asie. Le rachat des sites Glon Sanders lui permet de rééquilibrer son mix client sur la RHD et l'industriel plus l'exportation.
Sanction
L'actualité du groupe c'est également la sanction de l'Autorité de la Concurrence qui contrarie Denis Lambert : « l'Autorité a reconnu qu'il n'y a pas eu dommage à l'économie. Nos réunions n'ont jamais été tenues secrètes. L'autorité a tenu compte de notre volonté de création d'une interprofession. J'entends partout que 10 millions d'euros de sanction c'est minime. Pour moi, en tant que Pdg d'un groupe industriel, ce n'est pas minime. Nous écopons par exemple de 5 millions d'euros pour des entreprises qui ne nous appartenaient pas en 2007. Mais bon, nous faisons le choix de ne pas faire appel car ce n'est pas notre métier. Nous, nous devons faire tourner nos sites de production ».
Agroalimentaire L'exercice 2014-2015 a été particulièrement bon pour LDC. Le renforcement de sa capacité d'autofinancement est mis au service d'investissements dans ses outils et d'une certaine sérénité pour renforcer son projet de reconquête du marché national.