Depuis cet été Yves et Paul Macheret sont les nouveaux gérants de la fonderie d'art qui porte leur nom et créée en 1982 par leur père Philippe. Une entreprise que Paul Macheret a toutefois intégrée dès 2012, avec en ligne de mire une reprise. « J'étais à un tournant professionnel et dans le même temps je constatais que l'entreprise avait un potentiel de développement sous exploité. Les tripes ont parlé, j'ai relevé le challenge », explique cet ancien communicant, passé par Publicis et Areva, époque Anne Lauvergeon. Employant 9 salariés à Montfort-Le Gesnois, la Fonderie Macheret sortait alors de redressement judiciaire et affichait un chiffre d'affaires de 750.000 euros. Spécialisée dès sa création dans le travail du bronze, la fonderie d'art travaille dès lors des marchés de niche comme les médailles et les trophées, avec une clientèle de collectivités locales et d'entreprises.
« Remplacer le couteau suisse »
À son arrivée dans la PME familiale, Paul Macheret réorganise la production et impose une logique semi-industrielle. « Il fallait remplacer le couteau suisse qu'était le fondateur par un chef d'entreprise, un responsable de production, un créateur, un commercial, un comptable. On a aussi mis en place des plannings, des réunions de production ainsi que des outils de flux et investit dans du matériel plus performant. » Rejoint par son frère Yves il y a 18 mois, le co-gérant a également repositionné l'entreprise sur ses marchés. 6 ont été identifiés : la sculpture, les médailles, les trophées, le bronze de décoration et d'architecture, les plaques commémoratives et l'accastillage maritime. Parmi leurs clients, les fondeurs comptent des palaces parisiens, Vranken-Pommery, ou encore Vinci et réalisent également le trophée du Vendée Globe. Un large panel d'activités haut de gamme qui permet à la fonderie de se prémunir des aléas d'un marché spécifique. « C'est une diversité à double tranchant, tempère toutefois Paul Macheret. En terme de management de production, c'est complexe. Par exemple, pour la sculpture nous sommes dans le temps de l'oeuvre d'art. Le trophée, c'est un événement, c'est tout de suite. » Aujourd'hui, l'activité bronze d'architecture constitue l'un des principaux vecteurs de chiffre d'affaires de l'atelier. Quant au marché des trophées, il assure une certaine récurrence d'activité pour la société.
Bases saines
Au bout de trois ans, la Fonderie Macheret a vu son activité franchir le seuil du million d'euros. Sur le dernier exercice, elle affiche 1,4 million d'euros de chiffre d'affaires pour 18 salariés. « Aujourd'hui, l'entreprise est rentable, sans dettes et en croissance. Les fonderies d'art plafonnent généralement à 1,8 million de CA. Nous avons diversifié depuis trois ans nos capacités de production pour aller au-delà de ce chiffre », indique Paul Macheret. L'entreprise dispose en effet d'un centre d'usinage, fabrique ses propres moules en sable pour des pièces de série et réalise ses prototypes. « La fonderie n'est plus une fin en soi mais un savoir-faire parmi d'autres. Nous sommes devenus une manufacture de pièces d'exception. » Toutefois, si l'entreprise se dote désormais d'une identité et de process industriels, elle ne coupe pas avec ses racines. Labellisée en 2013 Entreprise du patrimoine vivant, la Fonderie Macheret revendique en effet une activité réalisée à « 80 % par la main de l'homme ». Désormais consolidée sur ses bases la PME cherche de nouveaux relais de croissance à l'international, où son expertise sur le travail du bronze peut trouver de l'écho. Ses deux dirigeants envisagent également un agrandissement de l'atelier sous 5 ans. La fonderie occupant 1.000 m² sur son terrain de 6.000 m² de Montfort-Le Gesnois.