Rendre les ports français plus compétitifs. Voilà l’objectif affiché de la réforme. Pour les professionnels portuaires, plus qu’une finalité elle est une étape incontournable.
« Cette réforme est indispensable pour que nous devenions compétitifs ». Le président de l’Union portuaire rouennaise (UPR) Philippe Dehays n’est plus à convaincre. Et ce n’est pas son homologue Havrais Christian Leroux (Umep) qui le contredira : « la réforme est bienvenue », dit-il, même si l’optimisme n’est pas forcément de rigueur. « Depuis 1992 la croissance est forte au port du Havre et pourtant notre compétitivité se dégrade sur la même période par rapport aux ports du Nord de l’Europe ». Pourquoi ? « Ce sont des ports fiables », explique simplement le patron de l’UPR. « Les ports Français ont déçu leurs clients depuis de nombreuses années. On a regardé les autres travailler et petit à petit on a tout perdu ».
« Jouer dans la cour des grands »
« Malgré nos 4.000 km de côtes nous n’avons pas vraiment d’ambitions maritimes », regret Christian Leroux. Alors, que faire pour regagner la confiance des chargeurs ? « Travailler plus, travailler mieux et massifier les flux », résume Philippe Dehays. « L’organisation du travail et le commandement unique institué par la réforme sont les seuls moyens de maîtriser les coûts » ; condition sine qua non pour « jouer dans la cour des grands ».
« Nous avons tellement de retard qu’il faut que nous ayons de grandes ambitions ».
« Il faudra du temps, mais il faut y croire », avance le président de l’UPR. Et ensuite, tout sera permis : « le trafic appelle le trafic ! » Une ambition à court terme ? Pour le patron de l’Umep, Christian Leroux « ce n’est pas demain que l’on reverra des bateaux pleins sur nos quais », craint-il, évoquant une situation en Asie « quasi dramatique ».