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Reconversion professionnelle : Des Morbihannais sautent le pas
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Reconversion professionnelle : Des Morbihannais sautent le pas

Dans un territoire comme le Morbihan, où l'emploi est tiré par un tissu de PME plus ou moins fragiles, l'agilité professionnelle est aujourd'hui une nécessité. Choisie ou forcée, la reconversion devient ainsi une tendance de fond.

À plus d'un titre, la reconversion professionnelle s'inscrit aujourd'hui dans un mouvement général et s'impose comme un fait de société. Observée partout en France, pour toutes tranches d'âges, elle est le signe d'une grande volonté de s'en sortir, d'une capacité à se remettre en question et à s'adapter à un marché du travail plus que mouvant. « S'il n'y a plus de perspectives dans le métier qu'on exerce, alors on change d'orientation professionnelle. C'est souvent plus facile que de changer de situation géographique », reconnaît Michèle Moreau, au service communication de Pôle Emploi Bretagne.




31,5 millions d'euros de formation en 2012

Avec 55 % de demandeurs d'emplois supplémentaires en quatre ans en Bretagne, et près de 20.000 de plus dans le Morbihan, l'heure est au questionnement sur l'avenir professionnel. Avec un bémol toutefois, sur l'année 2012. En effet, le fonds de formation Fongecif Bretagne note un léger retrait des bénéficiaires de ses services par rapport à 2011. D'après Dominique Crochu, directeur du Fongecif Bretagne : « La situation économique freine les aspirations au changement des salariés ». Pourtant, ils étaient tout de même 2.156 salariés à bénéficier d'un congé individuel de formation (- 4,5 % par rapport à 2011). Au total, le Fongecif Bretagne a d'ailleurs débloqué 31,5 millions d'euros pour le financement des formations (- 5,5 % par rapport à 2011). Montant collecté auprès de 24.791 entreprises bretonnes. Si la douceur de vivre en Bretagne Sud incite à moins de mobilité, les Morbihannais sont davantage considérés comme agiles professionnellement. Capables de changer de métier. Nombreux sont ceux qui sautent le pas, comme pour retrouver un nouvel élan.




Mobilité ou agilité ?

« L'idée selon laquelle on travaillera 40 ans dans la même entreprise n'a plus lieu d'être », reconnaît Pierre-François Bapst, directeur des ressources humaines chez Inter Pôle. Agence métiers qui réalise 250 bilans de compétences par an. Même si le modèle parental était celui-là, la stabilité professionnelle est quasiment impossible à trouver aujourd'hui. D'autant plus dans un contexte économique qui demande encore et toujours de l'adaptabilité immédiate et une grande réactivité. « Ce mouvement continuera à évoluer car certains métiers disparaissent totalement. Mais d'autres se créent », poursuit Pierre-François Bapst qui estime que la génération aujourd'hui sur le marché du travail a souvent été victime d'une erreur d'aiguillage. « 90 % des bacheliers poussés vers des études supérieures manquent d'orientation professionnelle. Il y a 20 ans, les parents encourageaient les études longues et intellectuelles sans se demander vraiment ce que leurs enfants aimeraient faire », observe-t-il. Résultat, entre 35 et 45 ans, ils sont des centaines à faire le point par le biais du bilan de compétences. En 2012, ils étaient 1.661 salariés bretons à faire cette démarche, une augmentation de 4,2 % sur un an. « Faire ce bilan permet de se créer un portefeuille de compétences, car certaines, et parfois même insoupçonnées, sont toujours transférables d'un métier à un autre », reconnaît Anne Cyrille, praticienne de bilan de compétences depuis plus de 20 ans. « C'est le moment de se demander ce que l'on a envie de faire pour les dix prochaines années. Ce qui ne veut pas dire quitter l'entreprise ». En effet, « moins de une personne sur deux se reconvertit », observe Maud Quinet, psychologue du travail au sein du cabinet de ressources humaines Cap & Sens à Plescop. Laëtitia Stephan, la cogérante complète : « Quand on exerce le même métier depuis longtemps, c'est comme au sein d'un vieux couple. On a besoin de retrouver l'euphorie du début pour se remotiver. Et cela passe par le questionnement. Parfois, les salariés y gagnent en confiance en eux et retrouvent une dynamique ». Si la réponse débouche sur une reconversion, alors il faut également faire le tri entre les métiers possibles et les rêves. « Partir sur un cursus long, dont le coût ne sera pas pris en charge, est un frein. Le congé individuel de formation ne dure qu'un an. On ne peut donc pas tout se permettre », expliquait Anne Cyrille à un juriste voulant devenir infirmier. Métier qui nécessite deux ans de formation. Les reconversions les plus prisées ? L'aide à la personne, la petite enfance ou le bien-être. Quand ce ne sont pas des grands écarts comme cette journaliste devenue sophrologue, ce cuisinier désormais peintre en bâtiment ou cette professeur de français aujourd'hui derrière les fourneaux d'une biscuiterie.

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