Acteur du végétal en Anjou depuis 1830, les pépinières Lepage, spécialistes des plantes vivaces, viennent de quitter leur site historique du chemin des Perrins aux Ponts-de-Cé (10 hectares) pour un nouveau site de production de 25 hectares à Sorges, toujours sur la commune des Ponts-de-Cé. Un site moderne alliant innovations technologiques et écologiques et un investissement de 4,4 M€ (dont 25 % d'autofinancement), notable dans la filière végétale en Anjou qui connaît des difficultés depuis plusieurs années. Et pour cette société de 20 personnes qui avoisine les 2 M€ de chiffre d'affaires, c'est la possibilité de passer d'une production annuelle de 1,3 à 2 millions de plantes et de réduire ses prix de vente sur un marché bataillé, trusté à 75 % par des plantes importées de l'étranger.
Une ligne mécanisée, unique en Europe
Ce projet d'envergure a été initié en 2009. Le site initial du pépiniériste étant intégré au projet d'urbanisation des Hauts-de-Loire (90 hectares entre Angers et les Ponts-de-Cé), toute extension devenait impossible. Christian Crépin et Michel Le Damany, les repreneurs en 2003 de cette société familiale - tous deux anciens ingénieurs d'Alcatel Lannion et fondateurs de Lepage Bord de mer qui emploie 4 salariés à Pleumeur-Bodou (22) - ont profité de cette " contrainte " pour construire un équipement hyper moderne. Outre une serre couverte de 1 hectare avec toit et murs amovibles qui permet de gérer les modulations climatiques et de stocker 1 million de plantes vivaces, cette nouvelle unité inclut béton poreux autour des cultures pour faciliter le désherbage mécanique, système de récupération d'eau qui diminue de 30 % la consommation de l'entreprise, chauffage solaire... et chaîne de production entièrement automatisée. « Nous avons mécanisé tout le rempotage, explique Christian Crépin. Nous avons une machine unique en Europe, faite sur mesure et adaptée à partir d'un robot servant habituellement à l'automobile. J'ai dessiné le concept de cette chaîne et nous avons travaillé avec un bureau d'études hollandais à sa réalisation. »
Un objectif : vendre moins cher
Avec cette unité, le pépiniériste augmente sa capacité de production d'un tiers tout en diminuant la pénibilité. « Cela nous permet de nous concentrer sur ce qui est noble dans notre métier : la plante. Nous réduisons également nos coûts sur l'énergie et l'eau. Tout cela va nous permettre de vendre moins cher. » La société, qui revendique 2.500 espèces de plantes vivaces, ne pratique que la vente directe essentiellement (85 %) à destination des professionnels. Sa clientèle est constituée de collectivités (40 %), paysagistes (40 %), pépinières (10 %) et de vente par correspondance. La PME qui détient déjà de gros marchés sur la plante vivace - ville de Paris, Département des Hauts-de-Seine, massifs de Monaco, Terra Botanica, Cité Internationale de Lyon... -, vient tout juste de décrocher celui des Villages Nature en région parisienne, le plus gros à ce jour avec plus de 300.000 plantes. Elle est peu présente à l'export où elle réalise 4 à 5 % de son chiffre (Italie, Grèce et Grande-Bretagne). « En baissant nos prix, nous allons peut-être pouvoir tirer notre épingle du jeu à l'international.. », avance Christian Crépin.
« On se bat ! »
Mais la force des pépinières Lepage réside dans sa capacité à innover. À côté du guide des plantes vivaces dont la 7e édition s'est déjà vendue à plus de 8.000 exemplaires, la société a travaillé (en partenariat avec l'arboriste angevin Minier) avec l'éditeur allemand du logiciel de conception architecturale Autocad à la création d'une base de données. Baptisé Végécad, ce logiciel est une bibliothèque végétale pour les logiciels de CAO 2D. Il est commercialisé depuis la rentrée. Un autre logiciel, Jardicad (base de données pour les paysagistes), conçu avec la société nantaise Médiasoft est dans les cartons et le nouveau site internet Lepage sera opérationnel dans les semaines qui viennent. « Nous avons également un projet de centre de formation du végétal pour les professionnels avec l'idée de créer une nouvelle entité dédiée... », annonce le dirigeant. Son secret ? « On se bat ! Nous avons pris de l'avance sur les autres et nous sommes partis pour longtemps... »
Bénédicte Hascoët
Pépinières Lepage
(Les Ponts-de-Cé) Dirigeants : Christian Crépin et Michel Le Damany CA 2014 : 2 millions d'euros 20 salariés 02 41 44 93 55 www.lepage-vivaces.com