L'époque des implantations d'entreprises étrangères en France, type Toyota, débouchant sur la création de plusieurs centaines d'emplois semble révolue. «Aujourd'hui, les projets d'investissements étrangers sur notre territoire génèrent entre 10 et 30 emplois. On ne se bat plus pour attirer un très gros industriel, mais plutôt pour de petits ou moyens investisseurs étrangers», indique Jean-Luc Firmin, délégué général de Ouest Atlantique, l'agence de promotion des investissements étrangers pour les régions Pays de la Loire et Poitou-Charentes.
Attirer les entreprises de demain
Pour l'année 2010, Jean-Luc Firmin et ses équipes annoncent avoir accompagné 23 projets ayant débouché sur la création de 779 emplois, contre 652 en 2009. Un bilan à pondérer en raison des méthodes comptables utilisées par l'AFII (Agence française des investissements internationaux) dont Ouest Atlantique est le relais régional. Ainsi, sur ces 779 créations d'emplois, près du tiers provient d'Airbus à Montoir et du futur hôtel Radisson à Nantes. Or, sur ces deux dossiers, les actions d'accompagnement de Ouest Atlantique paraissent toutes relatives. Dans ce bilan, il est aussi à noter que 62% des 779 emplois créés le sont, non pas par des implantations, mais par des programmes de développement d'entreprises étrangères déjà présentes dans les deux régions. C'est le cas d'Accenture à Orvault, Lydall à Saint-Nazaire, ColArt International auMans, etc. «Notre métier, c'est d'attirer les petites boîtes prometteuses. Celles qui passeront en cinq ans de 30 à 300 collaborateurs. Parmi nos belles réussites en 2010, il y a le Suédois ColArt qui a choisi la Sarthe pour développer une ligne de production de peinture et créer 80 nouveaux postes», explique Jean-Luc Firmin.
Résultats insuffisants pour Nantes Métropole
Les résultats de la structure ne suffisent cependant pas à convaincre Nantes Métropole qui a décidé de créer sa propre agence à l'international. Une initiative que Jean-Luc Firmin n'interprète pas comme un désaveu, d'autant que l'agglomération reste un de ses financeurs, modeste, à hauteur de 40.000 € par an. «Que Nantes Métropole souhaite développer sa propre marque à l'international, je ne peux que m'en féliciter puisque nous pourrons aussi capitaliser dessus pour attirer des investisseurs dans l'Ouest ». Sur ce point, l'analyse de Jean-Marc Ayrault, diffère quelque peu. «Pour nous, Ouest Atlantique, c'est du passé. Ces gens sont trop éloignés de la réalité du terrain. Nous préférons créer et financer notre propre structure», indique, sur un ton véhément, le président de Nantes Métropole. De son côté, la Région Pays de la Loire, qui apporte plus de 25% des 2M€ de budget annuel de Ouest Atlantique (18 salariés), souhaite voir évoluer les missions de la structure. «Nous sommes liés à Ouest Atlantique jusqu'à la fin l'année, mais il faut que l'on fasse évoluer sa mission pour qu'il y ait une meilleure coordination avec les autres acteurs qui travaillent à l'international. Cela passe par un recentrage de son action sur la prospection à l'étranger», note Christophe Clergeau, vice-président du conseil régional, chargé du développement économique.
Attractivité Malgré l'accompagnement de 23 projets d'entreprises étrangères, le bilan de Ouest Atlantique ne convainc pas pleinement Nantes Métropole et la Région.