Oseo : «Le financement de l'innovation redémarre»
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Oseo : «Le financement de l'innovation redémarre»

Pour Jean-Marc Ducimetière, directeur régional d'Oseo, si l'investissement des entreprises recule globalement depuis cet été, l'innovation paie toujours. Par rapport à 2010, la banque devait financer 15 à 20% de projets innovants supplémentaires cette année.

L


a trésorerie d'un certain nombre d'entreprises semble souffrir aujourd'hui. Partagez-vous ce sentiment?

«Effectivement, le redémarrage assez fort de la production constaté en début d'année a demandé de nouveaux besoins en fonds de roulement. Si bien, que, depuis le début de l'année, nous sommes beaucoup plus sollicités sur le financement à court terme. Cette situation perdure aujourd'hui. En octobre, la demande en lignes de trésorerie auprès des équipes d'Oseo a ainsi progressé de 21% par rapport à octobre2010.


Au niveau de l'investissement et de l'innovation, quelles évolutions constatez-vous dans les Pays de la Loire depuis cet été?

«Tous les ans, l'activité redémarre à la mi-septembre. Mais, cette année, j'ai le sentiment que l'activité est toujours en berne pour ce qui concerne l'investissement des entreprises. Notre activité de garantie de prêts bancaires, outil que les entreprises utilisent pour financer l'acquisition de matériel, une création ou une reprise, est ainsi en retrait de 25 à 30%. Nous traitions ainsi 150 dossiers par mois au premier semestre, contre 115 en moyenne depuis la rentrée. En revanche, je constate que le financement de l'innovation redémarre depuis la mi-octobre. Mais, chez Oseo, nous avons peut-être un prisme un peu déformé parce que, notre cible, ce sont les entreprises innovantes et exportatrices.


Innover et exporter, les deux maîtres mots...

«C'est le maillon gagnant! Ceux qui ont pris ce pari ces dernières années ont beaucoup moins ressenti la dernière crise que les autres.


Malgré la crise de la dette, 2011 restera t-elle pour vous une bonne année?

«C'est même une très bonne année, mais avec deux périodes distinctes, avant et après l'été. Toutes activités confondues, le bilan 2011 d'Oseo est historique. Le financement de l'innovation augmente de 15 à 20% et celui du court terme de 20 à 25%. Cela est vrai dans les Pays de la Loire, comme au niveau national.


Votre sentiment pour 2012?

«Je suis un peu plus inquiet. Je ne suis pas sûr que nous puissions conserver sur ce rythme.


Croyez-vous à une coupure du robinet du créditque redoutent certains chefs d'entreprise?

«Je ne crois pas du tout à cela. Mais les conditions de crédit, c'est-à-dire le niveau des taux et des garanties vont évoluer à la hausse. Ceci dit, il vaut mieux avoir un crédit un peu plus cher que pas de crédit du tout. Mais je ne suis pas trop inquiet. Il n'y aura pas un recul comme celui que nous avons constaté à la fin de l'année 2008. Sachant qu'après, avec le plan de relance, la place bancaire a plutôt joué le jeu.


Comment évoluent aujourd'hui les taux d'intérêt?

«La hausse des taux est plutôt étalée sur les prêts de deux à sept ans. La claque est plus forte sur les prêts de longue durée. Mais, ils restent à un niveau qui n'est pas si mal que cela.


Avec la crise de 2008, le gouvernement vous avait confié de nouveaux moyens. Qu'en est-il aujourd'hui?

«Il n'est pas à exclure la mise en place par les pouvoirs publics de nouveaux moyens de garanties, comme ce fut le cas en 2008. Mais, en ce moment, la logique de tous nos outils financiers c'est d'aider les entreprises à grossir, tant par la croissance organique qu'externe. Pourquoi? Parce qu'on est toujours plus fort quand on est plus gros. Plus les entreprises sont de tailles importantes, moins leur taux de défaillance est élevé.»

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